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La commémoration en transmission

France-Guyane 12.06.2018
Serge RAVIN

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La commémoration en transmission
Nahel Lama (au centre) entouré des primaires de Cayenne qui ont participé à la journée de commémoration de l'abolition de l'esclavage et de la traite négrière (SR)

La mairie de Cayenne a commémoré, samedi, avec les plus jeunes, les 170 ans de l'abolition de l'esclavage et de la traite négrière.

Cinq classes de CE1, CE2, CM1 et CM2 des écoles Samuel-Chambaud et Alexandre-Stanislas à Cayenne étaient invitées, samedi matin, à l'hôtel de ville de Cayenne pour commémorer le 170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage et de la traite négrière en Guyane. Une initiative du maire d'après Nahel Lama, le directeur-adjoint des affaires culturelles à la mairie de Cayenne. « Marie-Laure Phinéra-Horth a souhaité qu'il y ai des activités d'éducation et d'initiation pour que les enfants de la ville de Cayenne n'oublient pas leur passé et leur histoire. L'idée, c'est d'apprendre en jouant, pour sensibiliser les enfants à cette triste période de l'histoire et au devoir de commémoration auquel il est important de répondre. » Régie des quartiers et direction des affaires culturelles ont lié leurs forces pour organiser cette journée. Jonathan Mandé, animateur socio-culturel à la régie des quartiers de Cayenne, encadre habituellement les chantiers d'insertion. Pour l'événement, son équipe a travaillé sur les actions d'animation qui ont eu lieu dans la salle des délibérations de l'hôtel de ville de Cayenne. Ateliers de peinture, de quizz sur l'esclavage et la traite négrière, d'images à composer, de poèmes, de rébus, de personnages à découvrir ont animés la matinée commémorative. Dans le même temps, des images vidéos de célébrités (Martin Luther King, Aimé Césaire, Léon Gontran-Damas ou encore Christiane Taubira) ont été projetées en boucle sur un écran.
L'après-midi a été réservée aux classes de l'école maternelle Joséphine-Horth afin de permettre aux enfants de participer à une série de contes sur la traite négrière et l'abolition de l'esclavage. « Chaque année la commémoration a lieu, mais c'est la première fois qu'elle est faite sous cette forme » , précise Nahel Lama.
UN IMPACT SUR LA PSYCHOLOGIE DES POPULATIONS
À 19 heures, pour les plus grands, le professeur en psychiatrie et addictologie de la faculté de médecine des Antilles, Aimé Charles-Nicolas, a animé une conférence sur les conséquences transgénérationnelles de la traite négrière et de l'esclavage, et pourquoi, par exemple, le tambour prend une place importante dans la musique traditionnelle ? Outre ses nombreux titres hospitaliers, Aimé Charles-Nicolas est aussi président de l'association First Caraïbes qui a organisé, en 2016, les premiers colloques scientifiques internationaux en Martinique et au musée Mémorial ACTe, en Guadeloupe, sur le thème de « L'esclavage, quel impact sur la psychologie des populations ? » En parallèle, First Caraïbes est partenaire de nombreuses associations qui promeuvent des méthodes scientifiques dans l'approche des problèmes de société et d'éducation populaire.
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