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Mickee, l’animateur à 3 000 à l’heure

franceguyane.fr 09.01.2018
Entretien réalisé par Angélique Gros (Le Mag)

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Mickee, l’animateur à 3 000 à l’heure

Dernier animateur radio arrivé à Guyane la 1ère, Mickee anime depuis septembre sa propre émission : A nou mem ke nou mem. Pour celui qui vit à 3 000 à l’heure, il ne s’agit pas de la seule casquette puisqu’il est davantage connu comme Mickee 3 000 un artiste éclectique qui a aujourd’hui mis son talent au service du label Nine mile et a notamment été jury des Lindor cette année.

Vous avez fait vos débuts à la radio Guyane la 1ère en remportant le concours Challengers en 2016. Qu’est ce qui vous a poussé à participer ?
C’est un ami qui m’a dit « hé il y a le casting de Guyane 1ère ça serait bien que tu le fasses ». Et voilà, c’est comme ça que je me suis lancé. Après je ne me suis pas dit tiens je veux être animateur radio en fait je suis quelqu’un qui est déjà « habité ». C’est dans ma logique, tout ce qui a trait à l’animation ou au rapport avec les gens ça me parle, c’est naturel. J’avais déjà eu une expérience sur RFO en 1996, avant de partir faire de la musique en métropole. Je présentais Clip o top avec Anthony Hilaire (présentateur du journal sur Guyane la 1ère, ndlr).
Comment avez-vous réussi à décrocher votre propre émission ?
J’ai commencé par la grille des vacances et les remplacements. C’est un exercice qui permet de ne pas rester sur son propre programme, son propre créneau. Tu es amené à faire autre chose que ce que tu maîtrises et ça t’oblige à prendre une autre peau, une autre couleur. Ça forge vraiment en animation ! J'ai animé Ghetto Blaster, tous les samedis 18h à 20h et Top Guyane, tous les dimanches entre 11h et 13h. C'est après une saison qu'ils m'ont proposé une émission quotidienne l'après midi en semaine.
Quelle est l’émission qui vous a le plus fait délirer ?
La mienne ! J’ai fait une émission de musique urbaine le samedi soir mais je ne m’éclatais pas autant qu’avec A nou mem ke nou mem. Je peux faire plusieurs personnages, je suis dans un autre délire, je suis plus moi-même et c’est très interactif.
Justement comment l’avez-vous créée cette émission ?
Ça a été la continuité de ce que je faisais pendant les vacances avec Giovann. On avait un duo pendant les deux mois où je faisais le Père fou rien, des blind tests, j’organisais des battles, etc. Et après on m’a dit de proposer quelque chose pour le créneau 16 heures à 18 heures. J’ai mis différentes rubriques en place : question pour un sportif, le blind test pour continuer l’éducation musicale, le jeu pour les enfants, etc. Pour moi c’est impératif de ramener les gamins sur l’antenne, ça me tenait à cœur de faire un jeu pour eux, qui soit à la fois pédagogique et délirant.
Quels sont vos projets ?
Mes projets aujourd’hui ce sont les enfants, l’émission. J’ai aussi fait des chansons pour la radio : Collé ton oreille pour la grille de la rentrée de l’année dernière, une seconde pour la grille des vacances. Je devais en faire une pour la rentrée de septembre mais ce système de grille ne dure pas très longtemps donc on a préféré me laisser travailler sur un morceau intemporel. Il devrait sortir sur les ondes de Guyane la 1ère courant janvier. Ca va parler de la radio, de la place qu’elle occupe chez les auditeurs. Et je réserve une petite surprise pour le carnaval.
Ah oui ?
Un vidé rigolo inspiré du fameux titre Piment chaud de Christian Sénelis, que je compte sortir courant janvier. L’idée c’est de faire une parodie pour le carnaval, faire une sorte de vidé en hommage aux 500 frères.
Si on revient sur votre carrière musicale justement vous avez souvent mis vos morceaux au service du rire, non ?
Oui, en 2005 par exemple, j’avais monté un concept d’une satire de Snoop Doggy Dog qui s’appelle Doopy. L’idée du concept c’est que quand un mec met une paire de lunettes tout se transforme, devient classe. Les gens sont tout à coup habillés en costard, etc. En fait on avait fait une scène au Kong, un bar super hype au-dessus de la Samaritaine (à Paris, ndlr). En gros, j’étais entouré de gardes du corps, de belles filles, on était arrivés avec une grosse voiture pour faire croire qu’on était un groupe super huppé. Les gens y ont vraiment cru alors que c’était que du fake. »
Vous êtes également l’un des premiers avec Caporal Nigga à avoir sorti un album en téléchargement libre, non ?
Oui, Spyda ting en 2005. On a fait plus de 10 000 téléchargements en une semaine. À l’époque il n’y avait pas beaucoup de possibilités pour diffuser sa musique. On avait dû créer une page free.fr (Rires). Quand on a passé les 10 000 téléchargements ils ont fermé notre page pour activité suspecte !
C’est à partir de ce moment-là que votre carrière s’est envolée.
Oui, en 2006, j’ai sorti mon premier album, 3 000 à l'heure, un street album. Il n’y avait pas que des compos il y avait aussi des faces B avec Dragon Davy, Tarzan de Soul Stereo, Caporal Nigga, etc. Il a bien marché ce projet-là et il nous a permis de nous faire connaître. On avait des dates tous les week-ends. On a participé aux Vieilles Charrues, aux Solidays, etc. Et on a fini par sortir un album malheureusement trop tard. En 2010 on était au top mais en 2013, le buzz du groupe était déjà passé. Le studio ça prend du temps, on ne voulait pas le sortir crade donc on a été minutieux.

En 2016, c’est le retour en Guyane, pourquoi ?
Le projet de rentrer s’est structuré car je voulais m’occuper de mes parents et j’ai commencé à bosser comme ingénieur du son pour le studio 35 avec Edwin Marie (ils ont tout les deux tournés ensemble en Guyane et dans l’hexagone avec le groupe Obia, ndlr) qui gère le label 9mile. J’ai bossé pendant dix ans pour Nouvelle donne, le label qui a sorti Diziz La peste, Factor X, Les Déesses, etc. en métropole donc j'avais pas mal de choses à apporter. D'ailleurs on a pas mal de choses à venir courant 20018 avec le label 9Mile, donc restez connectés !
 
 
Bio express
7 novembre 1997 : départ dans l’hexagone pour faire une formation de DJ professionnel sur platines vinyles
2005 : Sortie de sa Net-tape avec Caporal Nigga
2006 : Sortie de 3000 à l’heure, son premier album solo mélangeant ragga, reggae et rap.
2012 : sortie de la compilation Spyda Sound System du studio La Toile
2013 : Sortie de l'album 3000 Niggawatts
8 janvier 2016 : Retour en Guyane
 
 

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