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« Silo, c'était une voix »

France-Guyane 10.07.2018
Propos recueillis par Pierre ROSSOVICH et Angélique GROS

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« Silo, c'était une voix »
(photo d'archives)

La veillée de Jean-Luc Silo se déroule ce soir, à partir de 19 heures, au Salon vanille du funérarium Saint-Antoine, à Cayenne. Le célèbre chanteur est décédé mercredi des suites d'une longue maladie, à l'âge de 49 ans. L'artiste a marqué le monde de la musique traditionnelle et son souvenir restera dans la tête de nombreux musiciens qui ont croisé son chemin et qui témoignent ci-dessous. Il laisse derrière lui des tubes que les Guyanais ne sont pas près d'oublier comme Pa joué ké lanmou a, qui l'a fait connaître.

ILS ONT DIT
Jean-Paul Agarande, musicien et fondateur de l'Akademi Tanbou : « Silo était passionné par le tambour et le chant »
« Silo était passionné par le tambour et le chant. Il aimait reprendre les morceaux tradionnels. C'est comme ça qu'on s'est connus : à travers le tambour, la salle Konvwé, chez madame Sérotte, avec la chanteuse Laetitia Torvic., etc. En ce temps là, je tenais une rubrique sur le tambour à RFO donc je l'ai invité à chanter. C'était un gamin, il devait avoir 15 ans et il n'était pas encore du tout connu du public seulement des passionnés du tambour. Ce qui le rendait différent, c'est les trémolos qu'il faisait avec sa voix et ça faisait toute sa personnalité. C'est un jeune qui a eu une vie très difficile mais qui aimait beaucoup rire. »
Jean-Marie Victor dit Minos, musicien et ex-membre des Guépards : « C'était l'une des plus fortes voix masculine »
Silo c'était une voix, c'était l'une des plus fortes voix masculine en ce qui concerne le chant folklorique. Avant qu'il ne se dévoile à la musique traditionnelle, il aimait aussi tout ce qui était mazurka. C'était un amoureux du carnaval. Lorsqu'un orchestre animait la place des Palmistes les dimanches après-midi, il venait déguisé et demandait s'il pouvait interpréter un morceau. Je me souviens qu'on avait joué avec lui lorsque je faisais partie de l'orchestre Guépard, un dimanche, il y a une quinzaine d'années. Il avait inteprété Manman doudou de Gertrude Seinin.
Jean-Pierre Karam, président de l'association Megamazonie : « Unique »
« Silo était une personnalité complètement dévouée à son art. Il a exercé sa passion avec brio, avec amour, avec force et avec beaucoup de courage, surtout dans les dernières années alors qu'il se savait malade. Chacun apporte son grain de sel, son savoir-faire, sa petite science et son vécu. Silo lui laissera une grande trace grâce à sa personnalité, sa voix, sa manière de chanter qui était unique. Il n'y a pas tant de chanteurs masculins dans le domaine pur de la musique traditionnelle créole. On voit toujours plus de femmes... Il avait été Lindorisé en 2014 pour son oeuvre et il en était heureux. Il aurait pu être récompensé avant, lors de la sortie de son premier album, mais le jury de l'époque en avait décidé autrement. La prochaine édition des Lindor (prévue le 29 septembre, ndlr) lui rendra inévitablement un hommage. On ne préfère pour l'instant pas y penser et laisser la place au recueillement. »
Jean-Paul Rotam, producteur et disquaire : « Vocalement, c'était un leader »
Je retiendrai deux choses de Silo : son côté farfelu - comme beaucoup d'artistes - et sa passion pour le chant. Son titre Pa joué ké lanmou a contribué a remettre la musique traditionnelle au goût du jour. Un travail qui avait déjà commencé avec Émilie Sébéloué notamment. Silo a ramené un public plus jeune vers le traditionnel, par sa façon d'être, son côté élégant. Son premier album produit par Émile Cibrélus a fait de lui ce qu'il était. Vocalement c'était un leader, il chantait très haut.
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