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À quoi sert le Ceser ?

franceguyane.fr 05.08.2017
C.F

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À quoi sert le Ceser ?
(de gauche à droite) Jean-Luc Mirta, Patricia Weimert, Ariane Fleurival, Pierre Zammit et Stéphane Lambert, membres du Ceser Guyane

Le Conseil économique social et environnemental régional a lancé officiellement ses « rendez-vous du Ceser Guyane », ce vendredi.

Ils visent à présenter les résultats de leurs études menées sur l’ensemble du territoire. Le Conseil économique social environnemental régional de Guyane est une instance dont la fonction reste obscure pour beaucoup de citoyens.
Composé de 37 membres issus de la société civile, il a pour mission principale est de « s’interroger sur le fonctionnement de notre société guyanaise ». Mais aussi d’être « un organe consultatif adossé à la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) », rappelle sa présidente, Ariane Fleurival, qui est, parallèlement, directrice d’un établissement d’accueil de la petite enfance.
Pour remplir ses objectifs de réflexion sur les possibilités de développement du territoire, le Ceser peut s’autosaisir afin de traiter de différentes problématiques lors de commissions de travail et d’engager des études avec la participation d’experts extérieurs. Lors de la matinée de lancement des « rendez-vous du Ceser », hier, plusieurs études en cours ont été présentées par les présidents decommission en charge des dossiers.
La section Prospective, présidée parPatricia Weimert, dirigeante d’entreprise, fait entendre la « nécessitéde penser et préparer l’avenir plutôt que de le subir ». C’est pourquoi, un travail est mené depuis 2015 sur « la Guyane à l’horizon 2040 ». Qui dit prospective, dit « temps long » pour « agir avec plus d’efficacitésur les mécanismes de décisions et préfigurer les différents chemins possibles ». Début novembre les résultats seront présentés dans leurintégralité et mettront en avant un tableau de synthèse avec quatre types de scénarios envisageables, dont un « catastrophe » qui montre que« si l’on ne fait rien tout partira à vau-l’eau ».

Patricia Weimertsouhaite, à l’aide de cet « outil d’aide à la décision », « éveiller lesconsciences, inviter au débat et engager des politiques publiquesefficaces ». Un énième rapport d’expertise ou une « bataille dechiffres » n’auraient, à son sens, eu aucun retentissement. Son équipe adonc opté pour l’option « innovante » permettant de « s’évader » par le biais d’une revue de presse imaginaire qui invoque quatre trajectoirespour la Guyane de 2040 et qui – c’est du moins ce qu’elle espère –sensibilisera davantage les élus. Diffusion de courts-métragesDe son côté, Stéphane Lambert, chargé de la commission « Emploi,formation professionnelle, affaires européennes et coopérationrégionale », s’est demandé quelles sont les solutions pourl’apprentissage en Guyane ?
Le constat général étant : « l’apprentissagen’est pas assez développé ». Quels freins lever alors pour le rendreplus accessible ? Lui aussi a usé de créativité pour faire passer sonmessage. Deux spots vidéos de deux minutes ont été réalisés avec l’aidede Kanopé films. L’un à destination des jeunes, potentiels stagiaires,l’autre aux chefs d’entreprise, sans qui l’initiative serait caduque. Dans leur message, les membres du Ceser cherchent à « apporter seslettres de noblesse à l’apprentissage qui est un vrai choix. C’est même la voie royale pour mener à l’emploi ! ». D’ici le 25 août, lescourts-métrages devraient être largement diffusés dans les cinémas et àla télévision. Encore faut-il que l’offre de formation suive ! D’où unappel aux entrepreneurs désireux d’accueillir des apprentis, ce qui est« un plus pour l’entreprise parce qu’ils sont du monde présent », peut-on entendre dans la vidéo.Pierre Zammit, directeur délégué au Centre national d'édudes spatiales,qui s’occupe des questions de développement économique et deplanification au Ceser a évoqué trois projets dont sa commission s’estautosaisie.
À savoir nouer un dialogue entre l’exploration pétrolière de Total et la filière pêche ; le projet Colombus dont elle demande « des détails sur la création d’emplois pour les jeunes guyanais qui en ontvraiment besoin » et Ariane 6, « le devenir du spatial en Guyane », quiprévoit de réduire de moitié son coût de production, mais la volonté duCeser est d’ « ouvrir davantage les prestations aux entreprises locales ».Enfin, le groupe de travail « filière animale », encadré par Jean-LucMirta, questionne depuis 2015 les producteurs de viande et réfléchit auxmoyens de devenir « autosuffisants », c’est-à-dire sans faire appel àdes partenaires en dehors du département. Un livre blanc est en cours derédaction et devrait permettre à l’ensemble des parties prenantesd’obtenir toutes les informations à ce propos.Les études entreprises par le Ceser sont donc nombreuses et documentées,notamment grâce à la participation de professionnels extérieurs. Maisleur rôle reste consultatif et rien n’engage la CTG et les élus à suivreou non leurs avis. « Nous sommes là pour conseiller, aider nos élus dansleurs décisions », rappelle la présidente régionale.
Et Patricia Weimertde conclure : « On peut alerter, proposer, mais si vous choisissezd’aller droit dans le mur, on n’y peut rien ! ».
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