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« Cette nouvelle marque est un pari sur l'avenir »

France-Guyane 08.03.2018
Propos recueillis par Stéphane HESPEL

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« Cette nouvelle marque est un pari sur l'avenir »
Le yaourt de la marque Yana, développé par la Solam est présent depuis une semaine dans les rayons frais, en Guyane (SH)

Le yaourt Yana part à la conquête du marché guyanais. Cette nouvelle marque, 100% guyanaise, a été lancée il y a une semaine par la Société laitière de Macouria (Solam). Bernard Boullanger, son président, évoque son ambition de concurrencer, dans une moindre mesure, les produits d'importation.

Pourquoi avoir décidé de lancer une nouvelle marque de yaourts puisque vous en possédiez déjà une ?
Nous avons fait le choix de mettre en sommeil la marque Layo et de la remplacer aujourd'hui par Yana. Et ce, dans le but de développer, à l'image de la Caresse guyanaise, une marque très forte sur le marché des produits frais. On l'espère. L'idée est aussi de lancer avec ce produit une vraie nouveauté avec une recette différente de celle des yaourts Layo. Yana est une marque très locale à base d'arômes naturels. Avec des parfums emblématiques de Guyane, comme le ramboutan, vendu depuis une semaine. D'ici un mois, nous proposerons aussi un yaourt au pitaya. Globalement, les enfants manquent de protéines ici, c'est aussi pourquoi nous l'avons enrichi.
Ce changement a-t-il des répercussions sur le projet industriel de la Solam, sur l'outil de production ou encore l'emploi ?
Lorsque nous avons démarré l'activité, lors de la reprise de l'usine, nous proposions soixante-dix références. Notre catalogue en compte aujourd'hui deux cents, toutes marques confondues. En quinze ans, le volume de production a été doublé et nous sommes passés de 29 à 46 salariés. L'investissement cumulé, en quinze ans, représente 13 millions d'euros. L'usine d'aujourd'hui a une capacité de production très forte mais sous-utilisée. Ce que l'on cherche surtout, c'est de gagner encore en productivité. Yana, c'est un gros investissement, mais uniquement en terme de développement, à hauteur de 100 000 euros. Nous ne changeons pas les lignes de production. Il n'y a pas d'embauche supplémentaire.
Vous lancez ce produit sur un marché guyanais déjà très concurrentiel...
Cette nouvelle marque est aussi un pari sur l'avenir. Les yaourts représentent la moitié de notre production. Les jus et les Yop l'autre moitié, à parts égales. L'idée, c'est de concurrencer directement l'importation, de plus en plus virulente. C'est compliqué car notre volume de production est largement inférieur aux grandes marques. Le produit que nous vendons est deux fois plus que celui qui arrive par bateau. Parmi les atouts pour imposer ce produit sur le marché, on mise sur son côté identitaire, comme pour nos jus de fruits. Un de nos avantages est de travailler sur des produits frais et dont la date limite de consommation (DLC) est assez longue, un mois. Nous disposons également d'une double certification ici en Guyane, qu'aucune autre usine Yoplait au monde n'a : iso 22000 (sécurité alimentaire) et iso 9001 (satisfaction client). Il n'existe pas de production lait frais suffisante en Guyane. Donc, nous utilisons du lait en poudre, comme beaucoup d'usines dans l'Hexagone. Et cela nous offre l'avantage d'avoir un produit stable et d'éviter toutes contaminations.
Une activité qui a démarré en 2002
La Guyane fabrique depuis plus d'un quart de siècle des produits de la marque Yoplait. Et c'est la Solam (Société laitière de Macouria), créée fin 2002 mais vraiment entrée en activité en octobre 2003 qui a repris la franchise, employant aujourd'hui 46 salariés. « C'est la plus petite franchise au monde de la marque » , comme le rappelle son créateur et président Bernard Boullanger, qui a investi à l'époque 5 millions d'euros dans le projet d'usine de la Carapa, en plein coeur de la savane, à Macouria. Outre le Yop et les desserts (produits de chez Yoplait), la Solam a développé ses propres marques : Caresse guyanaise (jus de fruits) et Layo (yaourts). Une nouvelle et troisième marque vient de voir le jour avec l'arrivée, depuis un peu plus d'une semaine dans les rayons frais des supermarchés et autres libre-service, des yaourts Yana.
Des produits bientôt exportés au Suriname ?
« Nous sommes présents partout en Guyane. Même à Maripasoula où nous acheminons nos produits dans des glacières, explique Bernard Boullanger, président de la Société laitière de Macouria (Solam) qui souhaite également « développer notre présence sur le plateau des Guyanes. À commencer par le Suriname, pays avec lequel nous sommes en pourparlers et où des démarches avaient déjà été effectuées il y a plus d'un an avant que la crise économique n'arrive. Le combat est très rude avec l'importation et le but est d'aller exporter là-bas. Nous aimerions aussi nous développer au Brésil, dans la région de l'Amapà. Mais c'est un pays qui a mis en place un protectionnisme malin. Il faudrait que nous passions par une entreprise locale qui importe nos produits. »
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