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InselAir bat de l'aile

France-Guyane 16.03.2017
Karin SCHERHAG

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InselAir bat de l'aile
Les avions d'InselAir assurant les liaisons internationales sont cloués au sol (DR)

La compagnie aérienne de Curaçao vient officiellement d'annoncer la suspension de tous ses vols internationaux. À l'agence de voyages Havas de Kourou, on s'organise pour rapatrier les touristes.

Depuis quelques mois, les avis de voyageurs au sujet de la compagnie InselAir sont unanimes. « La pire compagnie aérienne avec laquelle j'ai jamais voyagé » , « elle devrait être blacklistée » , « mon vol retour a été annulé » ou encore « on nous a traités comme de la merde » : voilà le genre de commentaires qu'on trouve actuellement sur le site airlinequality.com, qui recense les compagnies du monde entier. Celle de Curaçao y obtient péniblement la note de 3/10. Pas fameux. « On n'avait pourtant jamais eu de problème avec cette compagnie. Pas même un retard, assure Marie-Laure Sigonney, responsable de l'agence de voyages Havas à Kourou. C'est pour cela qu'on vendait leurs billets sans se méfier. »
BILLETS BON MARCHÉ
Des billets d'ailleurs souvent très bon marché. Ronan, la petite trentaine, croyait avoir fait une affaire en achetant un aller-retour Paramaribo-Medellín (Colombie) à 320 euros. Mais deux jours avant le grand départ, il apprend que son vol est annulé. Pour ne pas renoncer à ses vacances, le jeune homme rachète des billets auprès d'autres compagnies et s'en sort cette fois pour près de 900 euros. Il attend toujours un remboursement d'InselAir.
Chez Havas aussi, il a fallu s'armer de patience. Jusqu'à la semaine dernière et l'envoi d'un mail de la compagnie confirmant l'annulation de tous ses vols internationaux (1). Sans autre explication. « Grâce à ce mail, on va pouvoir enclencher les garanties nécessaires et, soit procéder au remboursement des vols avant départ, soit avancer les achats de billets auprès d'autres compagnies pour les retours » , explique Marie-Laure Sigonney. C'est le cas par exemple d'un couple de Guyanais bloqué à Curaçao après l'annulation de son vol retour vers Paramaribo. « On a pu lui trouver une solution avec Suriname Airways et notre geste a été apprécié. Le seul problème, c'est que le vol retour était initialement prévu le 17 mars et que Suriname Airways n'avait plus de place disponible avant le 21. Les nuits d'hôtel supplémentaires restent bien sûr à la charge des clients. »
Cette garantie proposée par Havas est cependant réservée aux voyageurs ayant souscrit une assurance annulation. Pour les autres, et pour tous ceux qui ont acheté leurs billets sur internet, c'est le système D. Et les exemples ne manquent pas.
« C'EST TOUS LES JOURS LA MÊME RENGAINE »
Dans sa mésaventure avec Inse-lAir, Sandra a eu un peu plus de chance. Le 18 février, la jeune maman devait voyager depuis Paramaribo jusqu'à Saint-Martin, avec escale à Curaçao. Deux vols assurés par InselAir. Le premier est avancé d'1h45. Mais alors qu'ils attendent depuis des heures d'embarquer pour le second, Sandra et sa famille s'impatientent. D'autant qu'aucune information officielle ne leur parvient. C'est finalement l'employée d'un snack de l'aéroport qui leur explique que « c'est tous les jours la même rengaine. Les vols sont annulés, retardés ou reportés. Les gens se battent dans l'aéroport, s'énervent sur le personnel. La veille, la police a même dû intervenir » , raconte-t-elle. Sandra et son conjoint trouvent deux employés d'Inse-lAir qui leur annoncent que désormais, ils devront transiter par Port-au-Prince avant de rejoindre Saint-Martin. « Ensuite, ils ont annulé Saint-Martin, témoigne Sandra, avant de supprimer carrément le vol. » Il est 10 heures et le prochain Curaçao-Saint-Martin est prévu à 13h30. Le couple et sa fillette patientent encore en zone de transit. Ils décollent finalement à 19h15 avec un avion d'une autre compagnie. « Nos deux vols ont été sous-traités parce qu'InselAir n'a plus les moyens d'utiliser ses appareils » , rapporte la jeune femme. Sur internet, la compagnie aérienne de Curaçao continue pourtant à vendre ses billets.
(1) Seuls les vols entre Curaçao et Bonnaire, Curaçao et Aruba, et Curaçao et Saint-Martin sont maintenus.
Un client d'InselAir obligé de payer les taxes d'aéroport
Pour Emmanuel, l'évocation d'InselAir ravive quelques mauvais souvenirs. Il y a sept ou huit ans, il était parti en famille passer des vacances à Fortaleza (Brésil). Si le vol aller s'était déroulé sans encombre, le retour s'est avéré plus compliqué. Bloqué à l'aéroport pendant plusieurs heures sans explication, il a fini par recevoir un coup de fil de son agence de voyage : l'avion d'InselAir était interdit de décollage au motif que la compagnie ne s'était pas acquittée des taxes d'aéroport. Le chef de famille a accepté d'avancer ces frais, qui s'élevaient tout de même à 7 000 euros, pour que tous les passagers puissent rejoindre Cayenne. « En contrepartie, on nous a ensuite offert un séjour tout compris en République Dominicaine » , sourit-il, pas rancunier. I
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