ACTUALITé - ÉCONOMIE / CONSOMMATION

« L'argent public gaspillé »

France-Guyane 08.08.2017
Pierre ROSSOVICH

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« L'argent public gaspillé »
« Le cas du chantier du Parc est symptomatique de tout ce qui se passe sur le Haut-Maroni » , explique Jonathan Abienso (photo d'archives)

Jonathan Abienso, jeune Maripasoulien résidant dans l'Hexagone, réagit à la polémique du chantier de la maison du Parc Amazonien dans sa commune, dont le bois aurait été prélevé illégalement dans la forêt.

Dans notre édition du 1er août, nous vous révélions les soupçons pesant sur l'origine du bois utilisé sur le chantier de la maison du Parc amazonien, à Maripasoula. Le chantier est à l'arrêt, l'exploitant n'ayant pas pu prouver que le bois en question avait bien été extrait d'une parcelle de l'ONF (Office national des forêts). Depuis, les réactions ont été nombreuses. Nous avons pu rencontrer Jonathan Abienso, ancien chargé des affaires scolaires à la mairie de Maripasoula, et fils du scieur Antoine Abienso, impliqué sur le chantier. Actuellement installé à Nice, Jonathan Abienso suit de près ce qu'il se passe dans sa commune. Il nous livre son sentiment sur l'enclavement de celle-ci.
« Le cas du chantier du Parc est symptomatique de tout ce qui se passe sur le Haut-Maroni. C'est l'ensemble des constructions publiques et privées qui est confronté au même problème d'approvisionnement des matériaux » . Et le jeune homme d'évoquer le cas du sable et du gravier prélevés sans autorisation dans le Maroni depuis toujours. « La Deal délivre-t-elle des autorisations pour y prélever le sable et le gravier ? » , demande-t-il de façon faussement innocente.
L'ENCLAVEMENT COMME UN HANDICAP
Quant à la question du bois, le jeune homme ne mâche pas ses mots : « L'ONF est absent à Maripasoula. Les scieurs y paient les mêmes frais que les autres mais ne bénéficient pas des mêmes conditions. Les scieurs de Maripasoula doivent se frayer un chemin eux-mêmes, à leurs frais, pour accéder aux parcelles ONF. Sur le littoral et dans l'Est, le travail est fait. Nous, on attend toujours » . Depuis trois ans, l'ONF prépare en effet un plan de gestion forêt de 50 000 hectares à Maripasoula. Un aménagement forestier indispensable pour obtenir des fonds européens et ainsi, éventuellement, tracer une piste d'accès aux parcelles... » « En attendant, c'est l'argent public qui est gaspillé. On fait venir du bois de Saint-Laurent. Le coût logistique et environnemental est énorme. Les autorités doivent trouver une solution durable, Maripasoula atteint bientôt les 15 000 habitants » . Une question déjà soulevée dans le Plan départemental d'action pour le logement des personnes défavorisées (PDALPD) de 2013. « Si des contrôles étaient réalisés sur tous les chantiers sur le Haut-Maroni, ce ne sont pas que les entreprises qui paieraient les pots cassés mais également les administrations publiques qui ferment les yeux depuis des années sur la façon dont sont construites les écoles, les routes, les administrations etc. L'enclavement devient un véritable handicap pour le développement quand les pouvoirs publics veulent appliquer la règle là où ils ont oublié de mettre les moyens » . Depuis la mise en application du règlement sur le bois en Union Européenne en 2013, Maripasoula a connu plusieurs chantiers publics, comme les carbets bleus de la mairie, des constructions scolaires dans les écarts comme Nouveau Wakapou, Cayode, la réfection de la route de Papaïchton et de la berge.
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VOS COMMENTAIRES
  • MOMO66 - 12.08.2017
    Comme partout...
    Le tout en Guyane Australe c'est d'être efficace dans la gestion de ses ressources car gouverner c'est prévoir surtout dans un but intrinsèque mais règner n'est pas donné à tout le monde y compris aux Amériques et les mauvais politiques courrent les rues. À bon entendeur.
  • amigo - 08.08.2017
    Et oui, l'Etat et ses éternelles aberrations avec la complicité de certains fonctionnaires zélés et imbus de leur personne..et tout ça sur le dos de qui?? de bibi le contribuable!
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