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« La CCI doit retrouver son rôle »

France-Guyane 06.09.2017
Propos recueillis par Pierre-Yves CARLIER

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« La CCI doit retrouver son rôle »
Carine Sinaï devrait être la prochaine présidente de la CCI (photo d'archives)

La liste de Carine Sinaï remporte 23 sièges à la Chambre de commerce contre 11 à Jean-Luc Davidas. La patronne d'Autocar Services fait le point sur les chantiers à venir.

Comment allez-vous ?
Mi-figue, mi-raisin. Treize membres de notre équipe ne sont pas élus. On a tous travaillé pour tous les secteurs. C'est une petite déception.
Cela vous empêchera-t-il de travailler avec les élus de l'équipe Davidas ?
Pas du tout. C'est le choix des chefs d'entreprise. On se doit de travailler avec eux dans l'intérêt de la Guyane.
Votre adversaire a finalement annoncé qu'il n'intentera pas de recours. Cela vous soulage-t-il ?
Je suis habituée, avec Jean-Luc Davidas. Je me prépare toujours à tout avec lui.
Il n'est pas élu...
Pour nous, c'est une belle satisfaction. Cela prouve que, depuis la première fois, les électeurs avaient bien porté leurs voix sur notre liste.
Pourquoi demander un audit des finances de la Chambre de commerce ?
Je veux savoir ce qu'il s'est passé pour qu'on arrive à plus d'un million d'euros de déficit. Cela n'a pas dû se faire en une journée. Il faut connaître le pourquoi du comment, pour ne pas reproduire ce genre d'erreur et que ceux qui ont mal géré puissent s'expliquer. Nous avons subi un contrôle fiscal pour l'aéroport Félix-Éboué, avec un redressement. C'est une charge qui n'était pas prévue.
La cession de l'aéroport intervient en 2022, juste après la fin de votre mandat en 2021. Un gros chantier pour votre mandat...
Exactement. Il faudra bien travailler pour que la Chambre de commerce puisse être présente dans la société qui gérera l'aéroport. Si nous ne sommes plus exploitants, il faut qu'on puisse toujours faire partir de l'aéroport Félix-Éboué.
Comment trouver des recettes pour l'aéroport ?
On va augmenter la zone marchande. Mais avant de déménager les commerçants, il faudra trouver une plate-forme (transitoire) sécurisée afin d'agrandir la zone marchande. Plus elle sera grande, plus on récupère des loyers. Il faut rendre la mariée belle.
Quels sont vos projets pour l'école de gestion et de commerce ?
Nous avons voté le départ des locaux (du La rivot). Le loyer est difficilement supportable pour notre budget. On souhaite faire venir l'EGC dans le bâtiment de la place des Palmistes et continuer de développer les formations qui seront utiles aux chefs d'entreprise. Je souhaite aussi qu'il y ait un rapprochement de la Chambre d'agriculture, de la Chambre de métiers et nous-mêmes pour les budgets de formation. Cela permettrait des économies d'échelle et le développement des formations [...] Il faut que les chefs d'entreprise, qui pour certains ont été déçus en prenant des apprentis, retrouvent la confiance.
Les réductions budgétaires de ces dernières années ont pesé sur l'aide aux entreprises. Comptez-vous relancer certains services ?
J'espère équilibrer assez rapidement le budget afin qu'on puisse travailler davantage sur le guichet unique : qu'il y ait un bureau, à la CCI, pas seulement pour les formalités de création d'entreprise, mais pour le soutien. Quand un entrepreneur est en difficulté, il ne sait pas où se retourner.
Que pouvez-vous faire pour les entreprises en difficulté ?
Les mettre en contact avec la bonne personne, parfois avec un psychologue ; leur expliquer la demande de moratoire ; leur expliquer que la forme juridique qu'ils ont choisie n'est peut-être pas adéquate... Des choses simples. Quand tout va mal, on est perdu face à cette paperasse. Il faut que les chefs d'entreprise sachent qu'à la CCI, ils pourront trouver des gens à leur écoute.
Quel sera le rôle de la CCI dans la mise en place du volet économique de l'Accord de Guyane ?
Il faut qu'on retrouve notre rôle. Avec (l'annulation des élections), le Medef a fait en sorte de nous exclure des négociations. Les entreprises ont perdu des sous dans cette grève. Il faut maintenant qu'il y ait un retour. Il faut veiller à ce que tout se passe bien et à ce que l'Accord soit respecté.
Où en est le travail sur le transport de marchandise et de passagers sur le pont sur l'Oyapock ?
Nous sommes dans une phase de dialogue avec la préfecture. Nous demandons toujours cette zone de rupture de charge, à Saint-Georges (le transport au Brésil serait assuré par des transporteurs brésiliens et en Guyane par des transporteurs européens, ndlr). C'est la solution qui nous paraît la plus simple, vue les différences réglementaires entre la France et le Brésil. Cela permettrait aussi de développer le secteur de Saint-Georges.
Pas de recours prévu
Hier, Jean-Luc Davidas a contredit ses colistiers qui avaient annoncé, lundi soir, qu'un recours serait déposé contre les résultats de l'élection. Une plainte supplémentaire entraînerait un « nouveau dysfonctionnement d'un an » , ce qu'il n'espère pas. Selon le candidat perdant, « la CCI doit recommencer à vivre et à refonctionner normalement » . Par ailleurs, il regrette le « mélange entre le monde politique et le combat économique » et se demande si la liste vainqueur « va rester dans une posture électoraliste pendant le mandat » .
Souhaitant désormais se « concentrer sur [ses] affaires, [sa] vie et [sa] famille » , le chef d'entreprise entend poursuivre son action au Medef en tant que secrétaire adjoint. Il garde tout de même en mémoire la « belle aventure » menée avec son « équipe unie aux diverses compétences » sous l'étiquette Cap CCIG 2017, dont 13 membres sont parvenus à se faire élire.
Les 34 élus
- Commerces de moins de 10 salariés : Jean-Luc Beney, Alain Chung-Wong-Hing, Ralph El Derjani, Joël Francillonne, Siping Li, José Mariéma, Claude Riquier et Joseph Tien-Liong (équipe Sinaï).

- Commerces de plus de 10 salariés : Claude Bertoncini, Michel Chaya et Cho Su Ho Cho Su (équipe Sinaï).

- Industrie de moins de 10 salariés : Didier Briolin, Armand Larcher, Didier Tamagno, Olivier Thibus (équipe Davidas) et Georges Karam (équipe Sinaï).

- Industrie de plus de 10 salariés : Bernard Boullanger et Ernest Prévot (équipe Sinaï).

- Services de moins de 10 salariés : Nicolas Abchée, Guy Bénibri, Yannick Chatelain, Thara Govindin, Philippe Kéréneur, Wladimir Mangachoff, Franck Morel, Valérie Thérésine et Albert Thomy (équipe Davidas).

- Services de plus de 10 salariés : Jean-Marc Avril, Sandra Delamoir, Richard Gabriel, Jean-Yves Ho-You-Fat, Carine Sinaï, Filip van den Bossche et Edmé Zulémaro (équipe Sinaï).
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