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Les explications de la CCIG

France-Guyane 25.01.2017
Déborah NEUSY

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Les explications de la CCIG
Les membres de la liste « Ensemble, donnons de l'énergie à notre économie » ont donné une conférence de presse hier matin pour donner leur position, suite à l'annulation des élections de la chambre de commerce (DN)

Les représentants de la liste « Ensemble, donnons de l'énergie à notre économie » , conduite par Richard Gabriel, ont tenu un point presse hier matin afin de donner leur version sur les soupçons de fraudes aux élections de la Chambre de commerce et de l'industrie de Guyane (CCIG) dont ils font l'objet.

Richard Gabriel et son équipe veulent s'expliquer. Le tribunal administratif de Cayenne a annulé les élections qui les ont mis à la tête de la chambre de commerce le 13 janvier (lire ici). Pour eux, leurs adversaires ont lancé des « rumeurs » . Notamment suite aux échanges entre la direction générale de la CCIG et la préfecture. Carine Sinai, 3e vice-présidente, rappelle que « c'est à la préfecture et non à la CCIG que les enveloppes ont été remises à leurs destinataires et ont été stockées, conformément au contrat établi avec la Poste. Pour la catégorie des membres, 1 053 enveloppes NPAI (n'habitant pas à l'adresse indiquée) sont revenues à la préfecture et 50 ressortissants n'ayant pas reçu leur matériel de vote ont réclamé leurs enveloppes à la préfecture. Tout le processus électoral est sous le couvert de la Commission d'organisation des élections, présidée par la préfecture et ayant comme membres le tribunal, la Poste et la CCIG » . Concernant le vote des morts, autre accusation faite par Jean-Luc Davidas, elle rétorque : « Nos adversaires clament que des morts ont voté ? Ils ont des pouvoirs que bien des mortels n'ont pas et si ce n'était pas un sujet extrêmement sérieux, nous aurions pu en rire » .
« DES MAUVAIS PERDANTS »
La liste de Richard Gabriel dénonce cette intrusion dans le domaine de la vie privée et annonce engager les poursuites judiciaires nécessaires. Elle a un mois pour faire appel à la décision du tribunal administratif. Si ce délai est dépassé, la préfecture mettra en place une commission chargée d'organiser de nouvelles élections. Pour les élus de la CCI, dont le mandat est suspendu mais qui restent en poste : « Nous avons été élus majoritairement, nous sommes en ordre de marche, le personnel est à sa tâche. La situation économique de la Guyane est trop tendue pour la CCI de la région Guyane, qui est la maison et l'avocat de toutes les entreprises, pour qu'elle soit paralysée par des mauvais perdants qui savent qu'ils n'ont pas la confiance d'une grande majorité des ressortissants au regard des résultats des élections » .
Le trésorier Franck Krivsky a annoncé que sa liste fera appel.
ILS ONT DIT
Richard Gabriel, tête de la liste « Ensemble donnons de l'énergie à notre économie » : Nous avons gagné
Une décision a été d'annuler les élections car il y avait un faisceau de présomption. Nous avons été confiants au tribunal administratif car sur le droit, nous avons gagné
Françoise Gimel, 1re vice-présidente : Les ragots fonctionnent mieux que le droit
Nous allons voir les commerçants, nous leur présentons notre équipe, puis ils remplissent leur enveloppe. Les votes se sont toujours faits par correspondance mais on devrait peut-être changer ce système... Les ragots fonctionnent mieux que le droit
Franck Krivsky, trésorier : On va aller en appel
Nous avons gagné à moitié mais nous sommes en train de constituer le dossier pour gagner pleinement. Le tribunal administratif aurait pu nous enlever nos mandats mais il a décidé de le laisser en place jusqu'à la fin de la procédure. On va aller en appel et quand on aura gagné, les autres iront sûrement en cassation, donc on a quasi un an devant nous
Plusieurs soupçons de fraudes
Entre le 20 octobre et le 2 novembre 2016, les élections à la CCIG sont organisées entre les deux listes : « Ensemble, donnons de l'énergie à notre économie » , menée par le président sortant, Richard Gabriel, et « Cap CCI Guyane 2016 » , représentée par Jean-Luc Davidas. Le 9 novembre, l'équipe de Richard Gabriel remporte les élections, avec 31 sièges sur 34.
Jean-Luc Davidas, dénonce une fraude massive et dépose plainte auprès du procureur pour vol de matériel de vote. Selon lui, des enveloppes destinées au vote par correspondance auraient été dérobées aux électeurs. L'enquête est confiée à la Police judiciaire de Cayenne. Le 13 janvier, le tribunal administratif annule les élections. Il reconnaît des irrégularités et suspend le mandat des élus.
Jean-Luc Davidas et son équipe accusent la liste de Richard Gabriel d'avoir fait voter des morts ainsi que d'avoir omis un contrat entre La Poste et la CCIG. Le code électoral impose en effet que lorsqu'une enveloppe est classée NPAI (n'habite plus à l'adresse indiquée), elle soit immédiatement retournée à la préfecture. Selon le plaignant, ces lettres auraient au contraire été stockées à la Poste avant qu'une bonne partie ne disparaisse. Lors de l'audience, Jean-Luc Davidas a présenté de supposées conversations WhatsApp entre les membres de la liste de Richard Gabriel qui, photos à l'appui, se félicitaient d'avoir récupéré un maximum d'enveloppes.
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