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Soyouz : 270 Russes font leurs valises

France-Guyane 19.04.2017
C.R.

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Soyouz : 270 Russes font leurs valises
deux lancements de Soyouz sont prévus cette année, un ayant déjà eu lieu le 27 janvier dernier (photo d'archives)

À la suite du mouvement social qui paralyse la Guyane depuis près d'un mois, environ 270 ressortissants russes, censés préparer le tir de Soyouz initialement prévu début avril, ont quitté le département ce week-end, faute d'activité.

Ingénieurs, techniciens, ouvriers... Quelque 270 ressortissants russes, arrivés par groupes pour travailler à la préparation du tir de Soyouz, initialement programmé le 4 avril, sont partis dimanche après-midi de l'aéroport Félix-Eboué « par un charter en direction de Moscou » pour cause d'« absence d'activité » , a expliqué hier le directeur du Centre spatial guyanais (CSG) Didier Faivre. « Nous avons prévenu tous ceux qui tiennent les barrages que les Russes devaient partir. Quatre cars ont quitté Sinnamary et deux autres Kourou. »
Invités jusqu'au bout à rester car le CSG espérait un redémarrage de l'activité, les Russes ont rejoint leur pays d'origine pour aller travailler à Baïkonour (Kazakhstan) ou dans les différentes entreprises liées à Soyouz.
Avant leur départ de la base spatiale, ils ont « mis en sécurité le lanceur » puis « ont travaillé une journée entière la semaine dernière pour mettre sous protection le pas de tir à Sinnamary afin qu'il puisse attendre leur retour » dans la mesure où « il n'y a aucun planning aujourd'hui, aucune indication » quant à une reprise de l'activité, précise Didier Faivre.
La campagne Soyouz pour un tir prévu le 4 avril « étant interrompue et le lanceur étant en sécurité, il a été jugé préférable de laisser les Russes repartir, sachant qu'ils reviendront dès que la situation en Guyane permettra de reprendre les opérations de préparation de ce lancement » , souligne de son côté le service de communication d'Arianespace.
DEUX LANCEMENTS CETTE ANNÉE
Au total, trois tirs prévus ont été reportés en raison du mouvement de contestation : un tir d'Ariane-5 programmé le 21 mars, un tir de Soyouz qui devait mettre en orbite un satellite SES le 4 avril et un autre tir d'Ariane-5 le 25 avril, d'après le directeur du CSG.
Deux lancements de Soyouz sont prévus cette année, un ayant déjà eu lieu le 27 janvier dernier, selon Arianespace.
En règle générale, observe Didier Faivre, « les Russes viennent dans le cadre d'une mission pour ces tirs, et ne restent pas en permanence en Guyane, alternant des séjours dans le département et des séjours en Russie. »
Dans l'attente d'un retour à la normale sur la base où travaillent habituellement 1 700 personnes, le directeur du CSG souligne que « le maintien en sécurité » du lieu est « assuré depuis le 20 mars » - date du début du blocage de l'accès au site - par un détachement de pompiers, quelques gardiens et d'autres salariés.
Cnes : pas d'appel à la reprise du travail hier
Le Centre national d'études spatiales (Cnes) a démenti par voie de communiqué des informations selon lesquelles il aurait appelé son personnel à reprendre le travail hier. Un démenti valable pour l'ensemble des entreprises du Centre spatial guyanais.
« Toutes les opérations de préparation des lancements sont interrompues » , a répété Didier Faivre, directeur du CSG. « L'activité reprendra en Guyane quand la situation du territoire guyanais le permettra. »
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