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675 élèves attendent une place

France-Guyane 07.09.2017
Clara FABRE

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675 élèves attendent une place
La rentrée des classes, lundi, au collège Telle-Éboué de Saint-Laurent (EL)

Pour cette rentrée scolaire à deux vitesses entre la date officielle et celle pratiquée par de nombreux absentéistes, le recteur Alain Ayong Le Kama a tenu une conférence de presse pour dresser le tableau de l'académie.

Le chiffre est tombé. 80 659 élèves sont attendus sur les bancs de l'école, allant de la maternelle au secondaire, pour l'année 2017-2018. Soit environ 1 000 de plus que l'an dernier. Une augmentation qui impose de « pousser les murs » pour faire entrer tout le monde, déclare le recteur Alain Ayong Le Kama. Comme précédemment évoqué dans notre édition du jeudi 31 août, il assure que « ça va passer pour cette année » mais les rentrées à venir seront plus difficiles pour les établissements qui n'ont plus « un centimètre carré de foncier disponible » . En particulier à Saint-Laurent du Maroni où les préfabriqués prennent toute la place dans les cours de récréation. Les quatre collèges et cinq lycées, dont la livraison est prévue « d'ici deux à trois ans » sur l'ensemble de l'académie, sont vivement attendus si on veut éviter une saturation délétère à tous points de vue. Les enfants entrant en classe de 6e ont quand même tous été inscrits sauf ceux du centre académique pour la scolarisation des élèves allophones nouvellement arrivés (Casnav), dont l'effectif total représente près de 675 jeunes. Leur scolarité dépendra des places effectivement disponibles, une fois que tous les absentéistes seront de retour. L'absentéisme fait justement partie des points chauds auquel doit se confronter le département.
Beaucoup d'élèves n'arriveront que d'ici un mois, lorsque « les vacances scolaires seront terminées dans leur pays d'origine » , déplore le recteur, en pensant au Suriname et au Brésil. D'ici là, certaines classes sont à moitié vides comme dans l'école Emmanuel-Bellony de Mana ou Athis-Latidine de Sinnamary.
LES PROFESSEURS AUX ABONNÉS ABSENTS
Un mois... Peut-être le temps de trouver les enseignants manquants. « Sur
100 demandes de sortie du territoire des professeurs des écoles, il y a trois demandes d'entrée » , autrement dit un ratio qui se traduit en ces chiffres : 46 postes sont vacants dans le premier degré. Dans le second degré, le manque de professeurs entrants aboutit à 110 postes non pourvus. Le chef d'académie anticipe d'ores et déjà les réactions des parents, impuissant : « Je sais qu'une maman d'élève va nous tomber dessus car sa fille n'a pas de prof d'anglais avant le 15 octobre » . De bonnes raisons de se plaindre qui ne découragent pourtant pas les personnels de l'Éducation nationale : « On va tout faire pour combler les trous. C'est pourquoi nous avons absolument besoin des contractuels! » En effet, 30% des enseignants travaillent sous ce régime dans le secondaire et 18% en élémentaire. Dans le but de fidéliser leurs recrues, le rectorat a mis en place des contrats plus longs à l'issue de leur année probatoire. Au bout de deux contrats à durée déterminée de trois ans chacun, les prétendants au titre auront la possibilité d'être employés durablement et ainsi espérer une valorisation de leur salaire. En revanche, Alain Ayong Le Kama se dégage de toute responsabilité sur ce point de tension et considère que « le manque d'attractivité de l'académie concerne la Guyane toute entière » .
TOUT N'EST PAS SOMBRE
Malgré des « problématiques intrinsèques au territoire » , les efforts de l'académie portent parfois leurs fruits. C'est le cas du doublement des intervenants en langue maternelle (ILM) imposé par le plan d'urgence. Déjà loti de 40 habilitations, le rectorat en a même recruté plus que prévu puisque 50 personnes ont été formées ou sont en voie de l'être.
Par ailleurs, persuadé que « l'isolement géographique peut être résolu partiellement par le numérique » , l'académie va débloquer 2,4 millions d'euros pour permettre l'équipements des classes et des élèves. Une « maison de la science » sera, en outre, créée à l'université afin de former les enseignants à cet outil.
Enfin, le pôle santé et social de l'académie lance un appel aux personnels soignants. Son objectif est d'en finir avec « les élèves qui n'ont pas de visite médicale pendant l'année » .
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