ACTUALITé - ÉDUCATION / SANTé / ENVIRONNEMENT

Impact psychologique de l'esclavage : le message n'est pas passé

France-Guyane 11.06.2018
Prince ESSONNE MFOULOU-ZÉ

4RÉAGIR

Impact psychologique de l'esclavage : le message n'est pas passé

La conférence du Pr Aimé Charles-Nicolas, organisée vendredi à l'hôtel de ville de Cayenne, dans le cadre de la commémoration du 170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage, a déçu. C'est le moins que l'on puisse écrire, eut égard aux impressions recueillies auprès des participants à l'issue de celle-ci.

Il y avait comme un malentendu entre le Pr Aimé Charles-Nicolas et les participants à la conférence qu'il animait à l'hôtel de ville de Cayenne vendredi sur le thème « Quelles conséquences psychologiques de l'esclavage aujourd'hui ? » , dans le cadre de la commémoration de l'abolition de l'esclavage. Les participants en sont ressortis avec une sorte de bouillonnement intérieur que certains ne sont d'ailleurs pas parvenus à contenir ; puisqu'à plusieurs reprises, le mot a été lâché au cours d'échanges entre des groupes de personnes qui s'attardaient sur le parvis de la mairie : « Cet homme est un charlatan. » Axée sur le thème « Quelles conséquences psychologiques de l'esclavage aujourd'hui ? » , la conférence avait attiré un peu plus de 500 personnes qui, semble-t-il, l'avaient pressentie comme une sorte de thérapie de groupe devant les conduire à trouver des réponses aux questions que pose leur quête existentielle. Aussi, beaucoup en sont ressortis plutôt déçus.
L'exposé du professeur (en médaillon), pourtant très fouillé, n'a pas convaincu la majorité de l'assistance (PEM)
PARLER DE L'ESCLAVAGE N'EST PAS CHOSE AISÉE
La séance avait à peine commencé, une voix s'était élevée, interrompant le professeur en psychiatrie dans son exposé : « Vous êtes quoi exactement ? J'ai cru comprendre dans votre présentation que vous étiez psychiatre. Je suis venu ici parce que j'espérais apprendre de vous comment extirper de la tête des afro-descendants le conditionnement d'êtres inférieurs dans lequel beaucoup se morfondent jusqu'à ce jour. »
Cette question, loin d'être anodine, sonnait plutôt comme une indication majeure sur la somme des attendus qui étaient ceux de la plupart des participants. Mais une autre question se pose alors : était-ce là le lieu où les réponses recherchées devaient être trouvées ?
L'exposé du professeur était pourtant très fouillé. Il s'est employé à retracer l'histoire du conditionnement psychologique des Noirs comme esclaves, tout en expliquant que le même principe valait pour les Blancs à qui on inculquait un mental de maître. Le message d'Aimé Charles-Nicolas parlait du pardon comme condition essentielle d'une société pluriraciale assumée par tous. Mais selon toute vraisemblance, parler de l'esclavage dans un milieu où les stigmates en sont encore durement ressentis n'est pas chose aisée.
4
VOS COMMENTAIRES
  • GILLES BERNARD - 11.06.2018
    Donc, il y aurait encore des réminiscences de l'esclavage en Guyane...
    En fait, de cette époque, il ne reste rien.
    L'auto-esclavagisme a pris le relais.
    Plus flagrant encore chez les indépendantistes fonctionnaires.
    La thérapie ne vaut rien tant que le malade n'est pas conscient de sa maladie.
    La thérapie de groupe est encore moins recommandée.
  • Melville - 12.06.2018
    A la rédaction de France-Guyane
    On est estomaqués. Pas tant par la diatribe de Gilles Bernard que par la complaisance de France-Guyane. Comment France-Guyane, qui se présente, et à juste titre, comme le journal des Guyanais, peut-il accepter, au lendemain de la commémoration de l’abolition de l’esclavage en Guyane, de publier dans ses colonnes des propos aussi outrageants, infamants et humiliants sur le Noir, comme le fait ici Gilles Bernard ? Soyons clairs. Gilles Bernard est ici dans son rôle. On ne refait pas le colon, surtout le colon français. Pour ce qui est de France-Guyane ? Imagine-t-on seul instant un quotidien israélien acceptant de publier, au lendemain de la commémoration du Vél'd'Hiv, un article insultant sur les Juifs de la part d’un Allemand ? France-Guyane a les moyens de se réconcilier avec les GUYANAIS encore faudrait-il qu’il s’emploie à congédier bon nombre de ceux qui monopolisent son Courrier des lecteurs.
  • RAF973 - 12.06.2018
    Bonjour
    En quoi cet article est il insultant ?
  • g6d - 13.06.2018
    censure
    Donc la censure de ceux qui ne pensent pas comme vous est la seule solution?
1

Réagissez à cet article

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2 mn) :

CONNEXION