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KOUROU - La situation du CMCK mobilise

France-Guyane 15.03.2017
Laurent MARIMOUTOU

2RÉAGIR

La situation du CMCK mobilise
Des salariés du CMCK ont arboré t-shirt, affiches et banderoles hostiles à la vente de l'établissement, lundi soir (LM)

De nombreux Kourouciens et salariés de l'établissement ont assisté à la réunion prévue de longue date par l'Agence régionale de santé sur l'offre de soins dans la ville. L'occasion pour chacun de donner son avis sur les projets de la Croix-Rouge.

Ils étaient nombreux les Kourouciens, lundi soir, à la réunion prévue de longue date par l'Agence régionale de santé au pôle culturel. Et pour cause, l'annonce, la semaine dernière, par la Croix-Rouge qu'elle souhaite vendre le CMCK au groupe Rainbow Santé s'est invitée dans l'ordre du jour. Une bonne partie du personnel, certains affichant leur hostilité à cette cession, est également venue à la réunion. L'UTG a annoncé des blocages en ville demain si les réponses de la Croix-Rouge à ses questions ne la satisfaisaient pas.
Les élus de Kourou - majorité et opposition comprises - et le maire de Sinnamary aussi ont assisté à la réunion. Les interventions de l'ostéopathe Laurent Prévot et de José Mariéma, patron du Vieux Montmartre, ont été largement remarquées. « À Kourou, nous envoyons des fusées tous les mois et notre hôpital n'a pas les moyens et se retrouve dans cette situation où les salariés doivent cesser de travailler pour manifester leur colère. Honte à Kourou! » a lancé ce dernier.
Dans un courrier qu'il devait faire parvenir à Jacques Cartiaux, directeur régional de la santé, Jean-Claude Madeleine demande à l'État de se « faire un devoir d'accompagner le personnel, qu'il ne se retrouve pas lésé, afin que cette structure continue d'exister [...] Ce serait un véritable désastre que cet hôpital disparaisse. »
Une centaine de Kourouciens ont assisté à la réunion de lundi soir. (LM)
« Je suis réservé sur la faisabilité de la cession du CMCK »
Jacques Cartiaux, directeur régional de la santé, s'est longuement exprimé sur le projet de la Croix-Rouge de vendre l'établissement kouroucien au groupe Rainbow Santé.
Que vous inspire le projet de vente du CMCK ?
Il est essentiel de savoir que rien n'a été fait. Nous avons appris que la Croix-Rouge était en négociations avec le groupe Rainbow Santé pour la vente du CMCK. Je suis réservé sur la faisabilité juridique et budgétaire d'une telle cession, si elle se confirmait. Je suis par contre totalement convaincu et totalement déterminé à maintenir l'offre de soins à Kourou si jamais une cession quelconque avait lieu. Et quand je parle de la maintenir, je pense même que nous pouvons la développer.
Quelles sont ces réserves budgétaires et juridiques ?
La première réserve tient à l'acte original par laquelle la Croix-Rouge a accepté la gestion de l'établissement. Dans cet acte, existe une clause qui précise que la Croix-Rouge ne pourrait céder la structure qu'à un organisme de même nature. Que je sache, le groupe Rainbow n'est pas un organisme de même nature. Il est privé de nature commerciale, même si je n'ai pas de doute sur le professionnalisme et sur l'effectivité de ce qu'ils font ici en Guyane, notamment en matière d'hospitalisation à domicile.
Quelle est l'autre réserve ?
Elle est importante : en l'occurrence, l'État aide considérablement le CMCK. En proportion de budget, l'État aide probablement plus le CMCK qu'il n'aide les deux autres hôpitaux publics de la Guyane. Cette aide publique accordée à un établissement privé, mais associatif, je fais l'hypothèse qu'elle tomberait, dans le cas d'une gestion commerciale. Cela modifierait évidemment et radicalement les données du problème.
Que pouvez-vous dire aux salariés, aux praticiens, aux médecins et au personnel sur la ligne de conduite de l'Agence régionale de santé ?
C'est l'ARS qui accorde ce qu'on appelle les autorisations c'est-à-dire qui définit les soins qu'un établissement est autorisé à exercer, les filières de soins, les disciplines... Lorsqu'éventuellement, l'ARS est appelée à examiner le transfert de ces autorisations, vous vous imaginez bien que nous sommes extrêmement vigilants. La décision du directeur général de l'ARS sera préalablement soumise à l'avis de la commission de l'offre de soins, qui dépend de la commission régionale de santé et de l'autonomie. Rarement un directeur général prend le contre-pied de cet avis.
Propos recueillis par L.M.
« Garantir les emplois »
Laurent Raigneau est directeur par intérim du CMCK. Pour lui, « le souci de la Croix-Rouge a été de trouver un repreneur qui pouvait pouvoir proposer un projet social et un projet de développement qui allait permettre de garantir les emplois des salariés. Pour l'instant, nous sommes juste à l'étude d'un projet de cession d'autorisation à un opérateur qui est le groupe Rainbow. Il faut que ce soit présenté en comité central d'entreprise et ce sont les partenaires sociaux, avec la Croix-Rouge, qui définiront si nous devons continuer dans la même direction ou pas. »
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VOS COMMENTAIRES
  • alfredo - 16.03.2017
    Manque de sérieux ?
    Ce n'est pas le manque de sérieux de la croix- Rouge et de l'ars qui est en cause dans la maîtrise des informations, mais carrément leur honnêteté. Professionnels de haut rang ils savent les contraintes de la vente et sans une fuite sur l'incompatibilité de Rainbow, l'affaire serait passée à l'as. DANS une négociation quand les parties sont de mauvaise foi i?y à du souci à se faire. Et vu le sérieux de l'affaire je préfère pour l'heure appeler à la plus grande vigilance.
  • just a gigolo - 15.03.2017
    C'est curieux comme on préfère les apparences. L'humanitaire serait mieux que le commercial. A voir. En tout cas, l'humanitaire fait preuve d'une certaine légèreté dans cette affaire d'une grande importance, d'abord pour la population faut il le rappeler.
    Après une communication légère, on s'aperçoit maintenant que l'affaire n'est peut être pas faisable. Ont ils lu les textes régissant le don pour un euro dont ils ont bénéficié de la part du CNES? Un peu de sérieux ne nuirait pas. Il sera toujours temps de sortir le banderoles et de crier au loup.
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