ACTUALITé - ÉDUCATION / SANTé / ENVIRONNEMENT

Les chauffeurs de bus retrouvent le droit de sanctionner

France-Guyane 11.10.2017
ESSONNE PRINCE MFOULOU-ZÉ

0RÉAGIR

Les chauffeurs de bus retrouvent le droit de sanctionner
Patrice Faure et Carine Sinaï signent la convention Évidence, hier matin au lycée de Balata, à Matoury (PEM)

Les transporteurs sont désormais inclus aux conventions Évidence qui lient État, police, gendarmerie, collèges et lycées afin de mieux lutter contre les violences scolaires. Les chauffeurs pourront désormais contacter directement les forces de l'ordre en cas d'incidents et pourront retirer leur carte de transport aux élèves perturbateurs.

. Ce sont les hasards du calendrier. La semaine dernière, les chauffeurs de bus scolaires de Macouria et Montsinéry-Tonnégrande ont laissé les élèves au bord de la route, pour protester contre l'insécurité dans leurs véhicules. Hier, au lycée de Balata, à Matoury, ils ont rejoint la convention Évidence, dont l'objectif est de lutter contre la violence en milieu scolaire en réunissant toutes les parties prenantes. C'était une revendication apparue durant le conflit social de mars et avril.
UNE MEILLEURE COORDINATION
Au lancement de ces conventions, il n'était pas paru évident d'inclure les transporteurs. Un additif à la convention a donc été signé, hier matin à Balata. « La partie transport d'un point à un autre, notamment jusqu'à l'arrivée des élèves devant les collèges et les lycées, n'était pas incluse, reconnaît le préfet Patrice Faure. C'est ce à quoi nous avons remédié. » Des cas réguliers de violences et d'incivilités sont déplorés lors du transport des élèves : bagarres, circulation de la drogue, consommation de boissons alcoolisée et de tabac, prise à partie des conducteurs, etc. Les transporteurs ne pouvaient pas signaler les incidents directement à la gendarmerie, à la police ou au procureur, mais devaient passer par leur donneur d'ordre : la Collectivité territoriale (CTG) ou la communauté d'agglomération du Centre littoral (CACL). Désormais, ils peuvent le faire. Ils peuvent également retirer la carte de transport des élèves posant problème et suspendre ainsi leur accès aux autobus.
Adelaïde Tine, proviseur du lycée de Balata, estime aussi que cette convention permettra de mieux se coordonner avec les chauffeurs et de réduire le temps d'attente des élèves devant les établissements. Ce qui devrait aussi réduire le nombre des agressions dont ces derniers sont victimes.
« Tout devrait rentrer dans l'ordre »
« Jusqu'ici, ce sont nos donneurs d'ordres, c'est-à-dire la CACL et la CTG qui nous représentaient au sein de cette convention, rappelle Carine Sinaï, venue signer la convention en tant que secrétaire du Syndicat de transport en commun de la Guyane. On avait enlevé aux chauffeurs le droit de sanctionner. Maintenant on leur redonne ce droit. Je pense que, de fait, tout devrait rentrer dans l'ordre. » L'additif ajouté hier à Balata concernera toutes les conventions signées avec des collèges et lycées du département

À LIRE AUSSI

0
VOS COMMENTAIRES

Réagissez à cet article

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2 mn) :

CONNEXION