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Pronostic vital engagé pour le Char

France-Guyane 20.04.2017
Prince ESSONNE MFOULOU-ZÉ

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Pronostic vital engagé pour le Char
Patricia Saïd pendant son intervention face à l'assistance (PEM)

L'UTG-Santé dresse un état de fonctionnement « comateux » pour le Char (centre hospitalier André-Rosemon) de Cayenne. Le personnel syndiqué de l'établissement multiplie des opérations de communication à destination des populations afin de se dégager de toute responsabilité.

Une partie du personnel du Char, regroupée au sein de l'UTG (Union des travailleurs guyanais), a convié mardi soir les populations guyanaises à un échange au niveau du barrage placé à l'entrée de l'hôpital. L'objectif était d'expliquer aux usagers les raisons de la dégradation des conditions de prise en charge des patients dans les services de l'hôpital. Mais aussi de répondre à toutes les questions sur le système de santé, notamment sur les dysfonctionnements du Char. « Beaucoup de personnes se plaignent sur les réseaux sociaux et dans les médias des conditions de prise en charge des malades. Les admissions sont anormalement longues. Surtout quand on arrive aux urgences. Et pour nous, ces problèmes relèvent de deux causes principales qui sont de l'ordre de la gestion des ressources humaines et de la trésorerie » explique Éric Molinier, secrétaire général de l'UTG-Santé.
Pour les responsables de l'UTG-Santé, la direction de l'hôpital est explicitement mise en cause. « Nous avons au Char des professionnels volontaires, dévoués et qui aiment leur travail, poursuit Éric Molinier. Mais lorsqu'ils expriment leurs besoins, la direction n'y apporte pas de réponses appropriées » .
« L'HÔPITAL DE CAYENNE EST MALADE »
Les grévistes dégagent la responsabilité du personnel dont ils affirment les compétences. Ils accusent surtout le manque de moyens matériels et humains, l'état de vétusté des installations et les conditions d'hygiène inadéquates. « Nous sommes acculés, insiste Patricia Saïd, secrétaire générale adjointe de l'UTG-Santé. La Guyane ne peut plus continuer à exister avec un tel établissement » .
Pour faire la démonstration des dysfonctionnements des services hospitaliers, les grévistes ont alterné des seynettes et des séquences de questions-réponses. Ce qui a permis au personnel du Char de mieux faire prendre conscience au public de la gravité de la situation. « L'hôpital de Cayenne est malade, conclut Rodrigue Joseph, secrétaire général de l'UTG-Santé. Et c'est le personnel, dans son contact avec les usagers, qui est mis en cause. Ces échanges servent à rétablir la vérité » .
Le Char déclenche le plan blanc
Le plan blanc est déclenché depuis mardi soir à l'hôpital de Cayenne. La directrice Agnès Drouhin l'a annoncé hier après-midi dans un mail interne. « Cette décision est dictée par le fait que les paramètres de fonctionnement de l'établissement restent fortement dégradés. Cette décision permettra de prendre d'autres mesures exceptionnelles si elles devenaient nécessaires » , écrit-elle.
Deux mesures ont d'ores et déjà été prises. D'abord la fermeture du service de psychiatrie Amarante, le 9 avril, qui accueille 14 patients souffrant d'addiction pour sevrage. Puis le service de chirurgie C (otorhinolaryngologie (ORL), l'ophtalmologie et l'odontologie) vendredi (lire notre édition du 13 avril). Samedi soir, la directrice avait précisé aux médecins du Char que ces décisions avaient été « prises pour cause de raréfaction des personnels soignants » . La fermeture d'Amarante a par exemple permis de redispatcher dix infirmiers le jour et quatre la nuit, ainsi que deux agents vers d'autres services. Il a aussi contraint à installer huit patients dans d'autres services et gèle les nouvelles admissions.
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VOS COMMENTAIRES
  • GIZMO - 20.04.2017
    Manque de moyens ?
    peut-être...mais surtout incurie et je-m'en-foutisme d'un grand nombre de personnel (je ne parlerai pas de soignants, car "prendre soin de" beaucoup (je n'ai pas dis tous)ne connaissent pas au CHAR )Exemple récent, lors d'une hospitalisation, ces 2 employées du CHAR qui viennent rendre visite à une parente dans la même chambre que moi, sur leur temps de travail (et pas 5 mms !!) en expliquant qu'on va bien se passer d'elles dans leurs services respectifs, cerise sur le gâteau le fille de cette dame (de service au CHAR aussi) qui vient ensuite chercher sa mère pour l'enmener à une consultation de spécialiste. Là encore même discours aux copines du service "ils vont bien se passer de moi le temps que je..." Essayez ça dans le privé, vous allez voir !!
  • joletaxi - 20.04.2017
    RAF973, vous aviez déjà bien explicité la situation et le contenu de votre commentaire avait fait ressurgir en moi la grande frustration de mon impuissance pendants ces moments difficiles. J'ai voulu rester objectif et ne pas amalgamer le bon grain de l'ivraie... Mais je n'oublierai jamais l'absence d'empathie à l'égard de si jeunes enfants. Ce manque criant de conscience professionnelle (vous l'aviez bien fait remarquer dans votre commentaire) fait froid dans le dos.
    Votre témoignage est poignant et effrayant à la fois...
  • Psyché - 20.04.2017
    Toujours plus....
    Une chose est sure, cet hôpital a accueillir toute la mise du monde est débordé et ne pourra jamais non pas être rentable mais au moins assurer ses équilibres financiers,
    si a tout cela vous y ajoutez, un personnel pour une grande partie "démotivé" et je pese mes mots..et bien il est normal que ceux qui portent l'hôpital à bouts de bras craquent sous la charge...

    On a les élus et institutions que l'on mérite...votez Utile
  • joletaxi - 20.04.2017
    Toujours et encore des excuses...
    Pour avoir vécu de l'intérieur les conditions de prise en charge de mon enfant de 2 ans, dans un service de "soins continus", soi-disant, je je peux affirmer que le plus gros problème au CHAR reste la paresse humaine de certains employés !!!
    Alors bien sûr je ne ferai pas d'amalgame puisqu'au cours de notre séjour j'ai pu voir des gens compétent et très consciencieux (certaines infirmières et le chef du service pédiatrie).
    Par contre ce que j'ai vu de mes yeux (de la majorité des paresseuses qui veulent discuter de leur week-end entre collègues plutôt que faire tout simplement ce pour quoi ils sont rémunérés) m'a révolté au plus haut point !!! Je pense sincèrement que mon enfant serait mort dans cet hôpital si je n'étais pas resté avec lui 24h sur 24 et que je les sollicitais pas régulièrement pour que le "service continu" justifie de son nom de baptême. D'ailleurs leurs regards (qui faisaient tchippp) énervés m'ont bien montré à quel point elles étaient contrariées de devoir se bouger le c... Je plains les autres enfants qui étaient là sans leurs parents, ils faisaient vraiment pitié tellement les "c'est normal la douleur maintenant arrête de pleurer il faut dormir" étaient froid et indifférent.
    Si dans un service pour très jeunes enfants ça se passe cme ça, je n'ose imaginer ce qu'il en est pour les adultes...

    Bref pour une grande partie d'entre elles (les infirmieres et aide-soignantes) qu'elles cessent de geindre et qu'elles se sort enfin les doigts pour bosser !!!
  • RAF973 - 20.04.2017
    Merci pour votre contribution.
    En fait cet état de nonchalance est chronique à la Guyane et a tous ceux qui aboie en ce moment.
    Les gens n'en ont rien a f.... sauf une minorité ( de toute façon on est payé donc ....à). Il faut avoir le courage de le dire car c'est la VÉRITÉ !! Au fait, mon ami aura encore tenu 12 jours avant de mourir ... Merci le CHAR !
  • RAF973 - 20.04.2017
    Bonjour
    Mme SAID, je me permet de vous poser une question.
    Il y a 2 ans j'ai réussi a organiser le rapatriement sanitaire d'un de mes amis vers la métropole. Il était complètement laissé a l'abandon à l’hôpital de Cayenne ( pourinfo il s'y est rendu a pieds et est sortie dans le coma ) . Je vous passe les épisodes ou la chambre restait ouverte et ou tout le monde pouvait le voir avec ses couches et lui dans le coma, bref ... Quand il est arrivé en métropole dans l’hôpital qui l’accueillait, savez vous quel a été leur réaction ??? Il m'a textuellement été dit : " Mais on ne nettoie pas les malades à Cayenne ?" Qu'il y ait des problèmes je veux bien vous croire, mais la cela ne relève pas de moyen, cela relève de la volonté et de la conscience professionnelle du personnel hospitalier. Bougez vous ( l'ensemble du personnel hospitalier ) et faite déjà ce pour quoi vous êtes payé !! Deux de mes amis ont été opéré aux doigts suite à des accidents et les deux ont des séquelles irréversibles et pour l'un qui s'en rendu chez SOS main en métropole on lui a dit qu'en Guyane ils avaient fait n'importe quoi !! Manque de moyens, de compétences, peut etre les deux .... Ok pour le manque de moyens mais de grâce ayez ce qu'on appel de la conscience professionnelle !!! Sur ce, bonne journée
  • mica - 20.04.2017
    Sur certains points je suis d'accord
    Mais sachez RAF973que lorsque vous arrivez dans un service en France vous aurez toujours des critiques même si le travail est bien fait,sans pour cela dire que les erreurs médicales n'existent pas.Une amie a été opérée en Martinique par un professeur qui étaient de passage,tout s'est très bien passé,cette dame profitant d'un voyage en France Métropolitaine s'est rendue dans l'hôpital où ce professeur exerçait,le médecin qui l'a examinée lui a posée des questions,le nom de l'hôpital,le département etc,etc tout de suite mais celui qui vous a opéré vous a charcuté,c'est un incompétent,franchement ce chirurgien ne devrait plus exercer.La dame en souriant lui a montré le rapport de l'intervention signé du chef de service de ce médecin professeur x,la tête du médecin méritait une photo.Par égard pour un confrère un médecin ne doit jamais dénigrer ouvertement,il n'est pas à l'abri d'une erreur.Une parente a payé de sa poche son voyage et une intervention chirurgicale en France parce qu'elle ne voulait pas qu'un chirurgien du CHAR la touche,cette parente a failli y rester dans un grand hôpital parisien elle est retournée avec un handicap (erreur médicale pendant l'intervention) ce n'est pas une blague.
  • RAF973 - 20.04.2017
    Bonjour
    Les photos qui ont circulé ces derniers temps avec les canalisations pleines de fougères, je peux vous garantir que je les ais vu quand j’allais rendre visite a mon ami il y a 3 ans. Cela m'avait d'ailleurs un peu amusé tout en me faisant froid dans le dos.
    J'ai du mal a comprendre que personne n'ai jamais rien fait. Il y a forcément un service chargé de l'entretien des locaux et du debroussaillage des canalisations, pourquoi personne n’entretient les locaux ??? De mon point de vue c'est du m'enfoutisme car laisser pousser de la végétation dans un hopital relève de ... je ne sais même pas quoi employer comme terme.
    Les seuls pensées qui me viennent c'est : Ca craint au CHAR
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