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Université : le président sur le départ

France-Guyane 16.05.2017
T.F.

1RÉAGIR

Université : le président sur le départ
Richard Laganier quitte la présidence de l'Université de Guyane et espère un successeur guyanais (TF)

La mission qui lui avait été confiée voilà trois ans ayant été remplie, le président Richard Laganier s'apprête à quitter l'Université de Guyane, dont il espère que les rênes seront désormais confiées à un Guyanais.

Il ne devait s'agir que d'une assemblée générale des plus ordinaires. Empreinte toutefois d'une touche de satisfaction puisque le président de l'Université de Guyane y présentait les avancées découlant de la signature du premier contrat de plan de l'établissement (notre édition du mardi 3 mai). Mais hier matin, dans le grand amphithéâtre du campus universitaire de Troubiran, Richard Laganier a quelque peu refroidi l'atmosphère en annonçant son départ imminent. À la grande surprise de la plupart des membres de la communauté.
Alors qu'il venait de discourir pendant près d'une heure, Richard Laganier s'attendait à ce que des échanges s'installent entre l'auditoire et lui. En guise de réponse, c'est à de longs applaudissements descendus d'un amphithéâtre debout qu'il a eu droit. « La mission qui était la mienne s'arrête, a-t-il expliqué. La scission financière (entre l'Université des Antilles et celle de Guyane) est une chose réglée, le projet est acté. Aujourd'hui, il est nécessaire que tout le monde reste rassemblé autour de nos statuts de transparence et de collégialité. Et puis, maintenant, je pense qu'il est important qu'il y ait une présidente ou un président élu(e) venant de la communauté universitaire de Guyane. »
« MAINTENIR LA CONFIANCE »
Son successeur sera connu à l'issue du conseil d'administration programmé le 22 juin. Une réunion au cours de laquelle se tiendra l'élection du nouveau président. « Pour éviter une errance de pouvoir, les instances resteront en place jusqu'à décembre 2018 » , complète Richard Laganier, qui précise : « L'enjeu est qu'il y ait, derrière un candidat, un rassemblement qui soit le plus large possible. Car, au-delà du projet, il faut maintenir la confiance de tous nos partenaires. »
Après trois années de travail intense, et en sa qualité de premier président de la courte histoire de l'Université de Guyane, Richard Laganier aura marqué l'établissement de son empreinte. Il laisse à son successeur une université pleine de promesses. « Je ne suis pas trop inquiet pour l'avenir, assure-t-il. Les collègues sont motivés et dans une bonne dynamique. Et puis, Bernanos ne disait-il pas que l'on ne subit pas l'avenir, on le fait. »
Taubira investie et attentive
(TF)
Invitée par l'université à présenter son dernier ouvrage lors de deux conférences (hier soir de 18 heures à 20 heures et aujourd'hui à 18 heures), Christiane Taubira a également donné un cours de « rattrapage » aux étudiants en droit. Au menu, droit de la famille et droit constitutionnel. Avant que ne débute le cours, l'ancienne ministre de la Justice a évoqué le départ du président. « J'ai toujours eu des rapports très clairs et attentifs avec le président, assure-t-elle. Nous savons que l'université a besoin d'être consolidée. Elle a besoin de s'ancrer dans le territoire, de consolider son identité française et amazonienne. Les enjeux sont colossaux. »
3 QUESTIONS À ... Richard Laganier, président de l'Université de Guyane : « Les universitaires sont des nomades »
Quelle est la raison de votre départ ?
Les universitaires sont, ou devraient être par nature, des nomades. Qui plus est un géographe comme moi! Nous avons un désir d'aller à la découverte. En ce sens, mon départ pour l'Université de Paris-Diderot, c'est déjà réfléchir à de nouveaux projets. J'aurais pu rester encore le temps d'un mandat, mais l'essentiel du travail socle a été fait. Si je suis venu en Guyane, c'est parce que je connaissais le département. Mais aussi, peut-être, parce qu'il y avait des injustices à réparer. Et puis le projet était potentiellement enthousiasmant au moment de ma prise de fonction. De ce point de vue, je n'ai pas du tout été déçu.
Qu'est-ce qui a été le plus difficile au cours de ces trois années ?
Je ne sais pas s'il y a eu quelque chose de vraiment difficile. Des difficultés, oui, nous en avons rencontrées. Mais rien d'insurmontable. La scission budgétaire a été délicate. Mais cette page est tournée. Ça a été le processus le plus long. Mais ce qui a été le plus beau dans le projet que l'on a bâti, c'est qu'il s'adresse à l'ensemble du territoire. Tout ça transpire la volonté de notre communauté d'être très étroitement liée aux besoins et aux enjeux de la Guyane. Ce qui a été formidable, c'est que, d'emblée, la volonté de tous a été de tout rafraîchir.
Qu'est-ce qui vous a le plus marqué ?
Deux choses, de nature très différentes. L'Université de Guyane a beau être un petit établissement, elle propose un projet extrêmement original que l'on ne trouve pas ailleurs. De plus, il fait sens pour la Guyane mais aussi pour d'autres territoires. C'est la raison pour laquelle il est assez facile de vendre le projet Guyane. La deuxième chose, ce sont les questions d'insécurité. La Guyane est traversée par ces problématiques et l'université n'y échappe pas. Cela a été pour toutes nos équipes une vraie préoccupation de tous les jours.
Propos recueillis par T.F.
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VOS COMMENTAIRES
  • Altron - 16.05.2017
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    Bon tout le monde a l'air bien content, tout ça, se congratule.Après, pour revenir dans la réalité il faudrait quand même regarder le niveau des étudiants et celui de ceux qui enseignent sans être ni maîtres de conférence ni prof d'université. Et ces niveaux là sont quand même très bas.
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