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Affaire Joël Jean-Bart : vingt-cinq ans de réclusion requis

France-Guyane 06.06.2018
Krysten ARNOLIN

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Affaire Joël Jean-Bart : vingt-cinq ans de réclusion requis
Le verdict est rendu aujourd’hui dans le procès de Joël Jean-Bart, jugé devant les assises depuis lundi / photo d’archives

Le verdict est attendu aujourd’hui dans le procès de Joël Jean-Bart, accusé d’avoir tué sa concubine à coups de tournevis en 2016. Hier, l'avocat général a requis à son encontre vingt-cinq ans de réclusion criminelle.

La deuxième journée du procès de Joël Jean-Bart, accusé d’avoir tué sa concubine à coups de tournevis en 2016, a été marquée dans l’après-midi par les plaidoiries des avocats. Me Corinne Boulogne Yang-Ting, représentante de la partie civile, a été la première à s’exprimer, parlant de « chasse à l’homme » organisée par l’accusé. Elle a souligné que les faits s’étaient déroulés en trois parties : « En première partie, nous avons une victime qui est séquestrée chez elle après avoir tenté de partir en voiture. En deuxième partie, celle-ci fuit et se cache dans la salle de bains du voisin où elle demande d’appeler les gendarmes. Elle est retrouvée par l’accusé. En dernière partie, elle s’enfuit mais est rattrapée par l’accusé qui lui assène 30 coups de tournevis. »
« LE PROCÈS DE L’INDÉCENCE »
Me Boulogne Yang-Ting a déclaré aux jurés que l’accusé avait une réelle intention de tuer : « Comment peut-on parler d’amour dans ce dossier ? Il lui a donné 30 coups de tournevis. À aucun moment, il n’a lâché l’outil. » L’avocate a aussi affiché son indignation face aux témoignages de Joël Jean- Bart et de l’ex-mari de la victime la dépeignant comme une femme violente et intéressée par l’argent : « Nous sommes dans le procès de l’indécence où on a rajouté du mépris à la douleur des enfants de Julienne Brunot. Joël Jean-Bart a essayé de se victimiser en discréditant la victime. » Me Boulogne Yang-Ting a achevé sa plaidoirie en demandant aux jurés de « rendre justice à Mme Brunot ».

Ève Tassin, avocat général, a rejoint les propos de la représentante de la partie civile. Elle a observé que l’accusé avait osé prétendre ne pas avoir voulu donner la mort : « Pourquoi aurait-il saisi son tournevis ? Pourquoi avoir seulement visé le haut du corps ? ». D’après elle, Julienne Brunot était traquée et victime de violences : « Il la surveillait et la dénigrait. Il faisait la même chose à son ex-femme. Comment ne pas faire le parallèle ? » Ève Tassin a aussi parlé de « l’ego blessé » de l’accusé : « C’est une rupture qui n’a pas été acceptée par un homme violent. » L’avocat général a requis vingt-cinq ans de réclusion criminelle à l’encontre de Joël Jean-Bart.

Me Virginie Fettler, avocate de Joël Jean-Bart, a affirmé dans sa plaidoirie que son client n’avait pas l’intention de tuer Julienne Brunot. « S’il voulait la tuer, il se serait servi d’un couteau », a-t-elle dit. Elle a aussi contesté la caractérisation des faits en meurtre par une personne ayant été conjoint comme circonstance aggravante. L’avocate a rappelé que le couple ne vivait pas ensemble et que l’accusé était simplement venu faire une surprise à la victime. Me Fettler a demandé aux jurés de condamner Joël Jean-Bart à une peine inférieure à celle requise par l’avocate générale. Le verdict sera rendu aujourd’hui en fin de matinée après la délibération des jurés.
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VOS COMMENTAIRES
  • joko973 - 07.06.2018
    30 coups de tournevis
    Visiblement, l'avocate du meurtrier ne sait pas ce qu'est une arme par destination. A partir de combien de coups de tournevis peut-on dire qu'il y avait volonté de tuer ? un seul me parait suffisant.
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