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ACTUALITé - FAITS DIVERS / JUSTICE

La colère gronde aussi chez les fonctionnaires du TGI

Krysten ARNOLIN / Bernard DORDONNE France-Guyane 12.04.2018
Les avovats, en grève depuis le début du mois d'avril, ont été rejoints hier par d'autres « colllègues » de la Justice (BD)

Les avocats, déjà en grève perlée depuis le début du mois, rejoitns par les magistrats, les greffiers, les auxiliaires de justice et le personnel du tribunal de grande instance de Cayenne ont massivement participé à la journée « justice morte » contre le projet de loi de programmation de la justice proposé par le gouvernement.

Hier matin, lors du rassemblement, plusieurs personnels du tribunal en ont profité pour faire entendre leur colère et dénoncer les mauvaises conditions de travail qu'ils éprouvent au quotidien.
Présent sur les marches du Palais de justice, le bâtonnier Georges Bouchet a remis une couche sur les raisons de la grève des avocats : « Nous revendiquons le respect des droits de la défense et la place de la victime dans le procès. Nous maintenons le dialogue et continuons à nous mobiliser en menant une grève perlée à raison de deux jours par semaine. Nous avons faire une grève continue des procès d'assises. Aujourd'hui nous sommes en journée « justice morte » , les affaires devraient être renvoyées » .
IL FAUT UNE CITÉ JUDICIAIRE
En ce qui concerne, la grogne des magistrats, du personnel de justice et des greffiers du TGI, le bâtonnier se dit solidaire : « Les travaux ne sont pas terminés qu'il y a déjà une insuffisance de la capacité d'accueil. En plus, on nous annonce une fusion entre le TGI et le tribunal d'instance. Les travaux ne sont pas la solution, il faut construire une cité judiciaire » .
En effet, hier matin, des magistrats, des greffiers et des auxiliaires de justice se sont présentés au rassemblement avec des panneaux de revendications sur lesquels on pouvait lire : « Conditions de travail inhumaines et dégradantes, tribunal en chantier, à quand la cité judiciaire, greffiers en colère » .
« DES GROS PROBLÈMES DE FONCTIONNEMENT »
Sur certains manifestants, des rouleaux de papiers toilettes, un geste pour dénoncer le manque de matériel au Palais de justice. « Nous sommes très mécontents des conditions de travail » commentent les greffières Myriam Hodebar et Evelyne Traversi. « Les conditions d'insalubrités et les changements constants du plan de réaménagement du tribunal commencent à peser sur le moral du personnel. Les travaux du tribunal se déroulent sur un site occupé, on doit subir les bruits des perceuses, la poussière, les déménagements. Nous voulons que le plan qui a été prévu au départ soit respecté. Des collègues sont dans des bureaux aux conditions déplorables, la climatisation n'est pas entretenue, les sols sont sales » , s'indignent les greffières.Elles font aussi référence au manque d'effectif : « Il y a un des gros problèmes de fonctionnement de l'institution. Nous avons besoin d'agents administratifs pour faire le travail quotidien » .
LE SYNDICAT DE LA MAGISTRATURE S'ENGAGE CONTRE LE PROJET DE LOI
La gronde va encore plus loin avec d'autres agents présents devant le palais. Ils évoquent « un réel manque de respect envers les effectifs » . Ils iront jusqu'à parler d'une « infantilisation du personnel » et dénoncent aussi « la nonchalance de la direction qui serait plus dans « l'apaisement » que la résolution des problèmes » . Pour les fonctionnaires du TGI : « Les problèmes ne sont pas tous remontés à la chancellerie et ils ont bien l'intention de faire parvenir leur revendication à leur ministre de tutelle.
Le juge d'instance Benoît Rousseau et sa collègue Maliga Moutouvirin, juge des enfants, sont aussi intervenus devant la presse : « Le syndicat de la magistrature entend s'engager contre les réformes présentées par le gouvernement. Des réformes dans lesquelles le syndicat n'a pas été suffisamment concerté et consulté. Il y a des particularités guyanaises. Nous ne voulons pas la suppression du juge en premier accès du justiciable. Nous avons de gros problèmes d'accessibilité à la justice en Guyane, sûrement dus à l'étendue du territoire. le faible nombre de magistrats et l'éloignement entre le justiciable et la justice » .

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