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Les associations menacent l'État, le préfet réplique

France-Guyane 01.10.2018
Bernard DORDONNE

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Les associations menacent l'État, le préfet réplique
Patrice Faure assure qu'une liste des squats est en train d'être établie par ses services (photo d'archives)

Vilipendé sur le problème des squats, Patrice Faure remet les pendules à l'heure alors que les enquêteurs en sont au tout début des investigations sur l'homicide de Raymond Gaye, 57 ans, retrouvé mort, mercredi soir, sous un amas d'encombrants dans sa maison familiale du 18 rue du Docteur Roland-Barrat à Cayenne.

Les investigations sur la mort de Raymond Gaye risquent d'être longue. Au niveau du parquet de Cayenne, le procureur de la République indique dans un communiqué que « toutes les pistes sont envisagées à ce stade de l'enquête et notamment le crime d'un rôdeur ou d'un cambrioleur. »
On constate que les autorités ne souhaitent pas, tant que l'enquête ne va pas le déterminer de manière formelle, dire que le quinquagénaire a été tué par des personnes qui voulaient squatter sa maison.
En revanche, la population et toutes les associations qui se sont réunies jeudi soir rue Docteur Roland-Barrat, à côté de la maison où le corps sans vie de Raymond Gaye a été découvert, avaient le même mot d'ordre : « Il faut faire quelque chose pour régler le phénomène des squats en Guyane. »
LES MARCHANDS DE SOMMEIL DANS L'OEIL DU PRÉFET
La descente de l'association des Grands Frères, il y a trois semaines, dans un squat de la rue de Madame-Payé, a mis en lumière le phénomène des maisons squattées en Guyane. Aujourd'hui, de nombreuses associations demandent au préfet d'assumer ses responsabilités, le menaçant de régler eux-mêmes le problème.
Dans cette affaire de squat, le préfet indique qu'il faut remettre l'église au milieu du village. « Nous sommes en train de dresser une liste de tous les squats qui existent et nous nous sommes aperçus qu'un certain nombre de squats sont des lieux où on vend du sommeil et que c'est lorsque les gens ne payent plus les loyers que certains dénoncent les squats » , indique le représentant de l'État sans d'autres explications.
Le préfet dit aussi entendre les crispations, mais indique qu'il est là pour faire respecter le droit et pas pour transgresser les lois. « Nous sommes dans un bien mobilier privé et si les gens n'ont pas fait de procédure, l'État ne peut pas intervenir. En Guyane, plus qu'ailleurs, on a un lourd problème d'indivision et la propriété privée est parfois difficile à établir. Nous étudions des possibilités avec les notaires et les collectivités pour trouver des solutions pérennes » .
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VOS COMMENTAIRES
  • joko973 - 01.10.2018
    En langage footballistique, ça s'appelle "botter en touche". Cela fait 20 ans que ça dure, on a l'habitude mais nier ou déplacer le problème ne résout rien. Au pire, ça l'amplifie, et c'est un jeu dangereux...
  • TRYSS - 01.10.2018
    L'ancienne prison et une partie de France Télécom sont squattés. Faut aussi déloger.
  • joko973 - 01.10.2018
    Le jour où la maison du préfet sera squattée, ça bougera peut-être. Oui, il existe des marchands de sommeil. Il ne faut pas trop chercher pour les trouver, ils ne se cachent même pas. Mais il y a aussi LE marchand de sable qui essaye de nous endormir.
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