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ASSISES - Les jurés et la cour plus sévères que l'avocat général

France-Guyane 13.05.2017
Bernard DORDONNE

4RÉAGIR

Les jurés et la cour plus sévères que l'avocat général
Tatie Léodate, Monique Guard et les soutiens de la famille Louison hier, après le verdict de la cour d'assises (BD)

Le verdict du procès des dix auteurs du braquage de la famille Louison, le 5 février 2012 à Matoury, est tombé hier, en début d'après-midi. Les trois accusés présents au procès ont obtenu la clémence des jurés.

Le moins que l'on puisse écrire, c'est que le procès des braqueurs de la famille Louison restera l'un des temps forts de l'année judiciaire à Cayenne. La cour et les jurés ont reconnu coupables les dix accusés (neuf Guyaniens et un Haïtien) pour vol avec arme et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime concernant huit des accusés et complicité pour les deux autres.
Lors du procès, qui s'est déroulé sur trois jours, il n'y avait que trois des auteurs du braquage présents sur le banc des accusés. Six autres avaient pris la fuite plusieurs mois avant leur jugement et font l'objet d'une fiche de recherches. Ils ont été condamnés en leur absence à 20 ans de réclusion criminelle. Les jurés ont été au-delà des réquisitions de l'avocat général, qui avait réclamé 18 ans de réclusion. La cour a délivré un mandat d'arrêt à leur encontre.
L'ACCUSÉ EN RETARD
L'un des accusés, Lefeve Longin, 42 ans, attendu mercredi matin au début de l'audience par son avocate Me Nolwenne Even, lui a fait faux bond. Il est soupçonné d'avoir informé les malfaiteurs, et notamment le dénommé Nouky, sur les différents transferts d'argent de l'entreprise Louison concernant le paiement des ouvriers du fleuve à la fin de chaque mois. Il s'est finalement présenté hier matin au tribunal, disant qu'il a vu son nom dans la presse et qu'il voulait s'expliquer. Il a rencontré David Dubut, le greffier des assises, et l'avocat général Jean-Pierre Dartenset. Ce dernier lui a expliqué qu'il était arrivé trop tard car les débats avaient été clôturés. Le retardataire a en effet surgi au moment où la cour et les jurés allaient délibérer. Le magistrat lui a conseillé de donner son adresse au greffier afin que l'arrêt par défaut lui soit signifié à son domicile.
Les jurés ont été un peu plus sévères que l'avocat général dans la peine infligée aux trois accusés présents à l'audience : Eldon Hall, Kurt Porter et André van Sertima. En revanche, les jurés ont pris en compte les plaidoiries des avocats de la défense, qui leur avaient demandé de tenir compte de la personnalité et du rôle exact joué par leur client dans cette affaire.
Plusieurs responsables d'association de lutte contre l'insécurité en Guyane, Tatie Léodate de Fam dibout et Monique Guard de Citoyens, citoyennes, étaient présents aux côtés de la famille Louison au moment du verdict.
IL A DIT Franck Louison, victime du braquage : Ces lois qui protègent les malfaiteurs
Je suis en colère et j'accepte très difficilement ce verdict. On se fait braquer par des malfaiteurs qui voulaient nous assassiner. Et aujourd'hui, nous avons une justice qui cherche à les protéger. Dans le BTP, il n'y a aucune différence entre un m3 de béton et 10 m3. C'est toujours du béton. Pour moi, ceux qui sont entrés chez moi et ceux qui faisaient le guet pour avertir de l'arrivée des gendarmes, ainsi que ceux qui ont fait le taxi pour transporter les bandits, c'est la même chose. Je n'arrive pas à comprendre qu'une bande organisée qui prépare son coup avec des repérages et qui porte son attaque le 5 février, et qui tire sur mon épouse et mon fils, heureusement de l'arme s'est enrayée, ils sont condamnés à six et quatre ans de prison.
Au bout de trois jours de procès, je constate avec colère qu'on fait une différence entre ceux qui sont entrés chez moi pour m'agresser et ceux qui ont fait le guetteur.
Il y a eu des milliers de Guyanais dans les rues pour protester contre l'insécurité. Il y a eu la naissance des 500 Frères. Je lance un appel au président de la République Emmanuel Macron pour lui dire de tout faire pour changer ces lois qui protègent les malfaiteurs. La justice doit être juste. Les Guyanais bon ké sa.
LES PEINES
- De 4 ans de prison à 20 ans de réclusion

- 20 ans de réclusion criminelle et interdiction définitive du territoire national pour :
Mark Adams alias Nounky, 35 ans ;
Eon Sampson alias Bouly, 31 ans ;
Eon Harry alias Dolgla, 35 ans ;
Adrian Reid alias Fat Sadis, 40 ans ;
Sean Willams alias Spice, 33 ans ;
Peter Semple alias Lion, 35 ans

- 10 ans de réclusion criminelle pour :
Lefève Longin, 42 ans

- 6 ans de prison pour :
Eldon Hall, 44 ans

- 4 ans de prison dont deux ans de sursis mis à l'épreuve pour :
Kurt Porter, 45 ans André van Sertima, 29 ans
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VOS COMMENTAIRES
  • den97300 - 16.05.2017
    Encore et toujours
    Et oui ! Triste constat encore une fois. Les voleurs, braqueurs, voyous ont encore de beaux jours en Guyane. Tant pis pour ceux qui travaillent et n'enfreignent pas la loi. Et avec ce pantin au pouvoir, rien à craindre ! Les voyous peuvent voler en paix. La police n'aura pas de moyens et la Guyane restera dans le même caca pour les mêmes et les mêmes prisons dorés pour les mêmes. En attente dans la salle du commissariat, j'entendais des anglais qui étaient venu se plaindre que EDF avait coupé leur branchement illégal pour la énième fois. Le policier leur a dit quoi faire : respecter la loi comme tout le monde. Donc pour venir se plaindre de ça, c'est qu'on est dans la merde !
  • Citizen - 16.05.2017
    Euuuh Impartialité où es tu ?
    Je remarque avec grand étonnement la divulgation notoire de la nationalité des prévenus (non pas que je suis contre), je demanderai à France Guyane de faire la même chose lorsqu'il s'agit des enfants du pays, qu'ils soient ou pas de grandes familles.

    Je le ferai à l'avenir, bien sur apres que l'information ait été vérifié pour qu'il y ait pas de poursuite pour diffamation.
  • fran973 - 15.05.2017
    undefined
    Le Guyana n'a de cesse de nous envoyer des meilleurs éléments, quelle chance nous avons avec nos "frères" anglais
  • pierre dangle - 15.05.2017
    malentendu
    HEU...il faut savoir. L'article parle à la fois de sévérité des jurés et de leur clémence...
    Relisez vous avant de publier!
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