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CAYENNE - Les sinistrés ne sont pas sortis d'affaire

France-Guyane 12.10.2017
Marine JACQUES

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Les sinistrés ne sont pas sortis d'affaire
Les gérants de la Quincaillerie guyanaise, située rue René-Jadfard, ont subi une inondation liée à l'écluse du canal Laussat/ (MJ)

Le responsable de l'inondation du 30 avril, à Cayenne, n'étant pas déterminé, les sinistrés peinent à être indemnisés. Thomas Raymond, gérant de la Quincaillerie guyanaise, témoigne de son calvaire.

Thomas Raymond, le gérant de la Quincaillerie guyanaise, rue René-Jadfard est sinistré de l'inondation survenue le 30 avril à Cayenne. Il est las de voir ses demandes d'indemnisation n'aboutir à rien.
Le 30 avril, son magasin a été inondé à hauteur de 80 cm. Il a déclaré le sinistre à son assurance trois jours après les faits puis a fait intervenir un huissier pour constater les dégâts. Le préjudice matériel a été estimé à 18 000 euros environ. L'assurance a ensuite envoyé un expert et a indiqué à Thomas Raymond être dans l'attente du rapport. « Comme ça trainait, je suis allé à la mairie de Cayenne qui m'a orienté vers le service des assurances » , explique-t-il. Mais la mairie de Cayenne ne peut pas faire jouer son assurance pour indemniser les sinistrés dans la mesure où la responsabilité du sinistre n'est pas établie.
Quant à l'assurance de Thomas Raymond, elle ne peut indemniser qu'en fonction des garanties qui ont été souscrites dans le contrat. Thomas Raymond est assuré que pour les dégâts des eaux et non pour les inondations, sa boutique étant située en zone inondable. C'est là que le bât blesse. Si le contrat stipule une couverture pour dégats des eaux, cela ne signifie pas qu'il y aura une indemnisation en cas d'inondation. Dans les garanties dégats des eaux, seuls les infiltrations, les fuites, les ruptures de canalisation et les effets de débordement sont compris.
La couverture en cas d'inondation est une autre garantie qui est déclenchée sous réserve que la catastrophe naturelle soit arrêtée.
La Quincaillerie guyanaise inondée, le 30 avril. Le préjudice pour ce magasin se monte à 18 000 euros (DR)
Des rues de Cayenne sous l'eau, le 30 avril. Les responsabilités de cette inondation ne sont pas encore établies (DR)
LES INONDATIONS RAREMENT COUVERTES
« En dehors d'un arrêté, les inondations sont rarement couvertes » , confirme Cédric Valès, délégué Guyane du comité caribéen des assurances. Et il n'est pas question d'un arrêté catastrophe naturelle vu que l'inondation est due à une erreur technique, rappelle la mairie de Cayenne. La pompe de refoulement de l'écluse du canal Laussat ne s'était pas mise en marche ce jour-là et l'agent d'astreinte n'avait enclenché que tardivement le système de secours manuel.
Pour la mairie de Cayenne, la Société guyanaise des eaux (SGDE) est clairement responsable. Mais pour l'heure, rien n'est établi. Le bras de fer continue entre les assurances pour déterminer les responsabilités. Depuis l'inondation, Thomas Raymond et son épouse poursuivent leur activité qui se trouve être doublement impactée, d'abord par la grève générale puis par l'inondation. Le couple a dû renvoyer leur employée, à contre coeur.
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