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JUSTICE - Pris en flagrant délit d'orpaillage

France-Guyane 11.01.2018
Guillaume REUGE

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Pris en flagrant délit d'orpaillage
(FAG)

Deux garimperos, dont le responsable du site illégal, étaient jugés mardi au tribunal de Cayenne. Des peines de prison ferme ont été prononcées à leur encontre.

L'histoire est symptomatique d'un mal qui ronge la Guyane : l'orpaillage illégal. Pour une fois, les deux garimperos présentés mardi dernier devant le tribunal de Cayenne ont été surpris en flagrant délit d'orpaillage, près de la mine légale de Yaou, à Maripasoula. Un fait « inédit » pour le juge Franck Alzingre, plus habitué à la fuite des orpailleurs à l'arrivée des gendarmes. Cette fois-ci, ils ont pu s'approcher au plus près des hommes qui s'afféraient sur un moteur. Trois autres personnes ont tout de même pris la fuite, mais les militaires ont saisi, puis détruit, pour 8 000 euros d'équipement.
« 30% POUR LES OUVRIERS, 70% POUR MOI »
Le plus âgé des deux hommes, en Guyane depuis 2006, reconnaît l'exploitation du site illégal, mais pas sa création et la déforestation sur trente mètres de diamètre qu'elle a nécessité. Très croyant et « éduqué à dire la vérité » , le quadragénaire a même avoué être le responsable du site, avoir acheté le matériel et recruté le personnel. Il détail même comment devait être réparti l'or extrait : « 30% pour les ouvriers, 70% pour moi » . Son complice a, lui, tenté de minimiser son rôle, réduisant sa présence sur le site à moins d'une semaine. Il reconnaît en revanche n'en être pas à sa première expérience de garimperos. « Je l'ai déjà été deux fois, au Suriname. »
REPENSER HARPIE ?
Bien que le site aurifère découvert par les gendarmes soit modeste, le substitut du procureur Valérie Marchand a demandé des peines sévères. « C'est justement la multiplication des petits sites d'orpaillage qui menace l'environnement, les ressources de la Guyane et l'existence des populations amérindiennes défavorisées » . L'explosion du phénomène d'orpaillage illégal et la violence qui l'accompagne pousse même à « repenser la mission Harpie » selon la magistrate. Cette mission des forces armées en Guyane (FAG), lancée en 2008, lutte contre les mines d'or clandestines. Sans surprise, les deux hommes ont été reconnus coupables par le tribunal. L'ouvrier a écopé d'un an d'emprisonnement. Le responsable du site d'orpaillage de dix-huit mois. La circonstance aggravante de dégradation de l'environnement a été retenue contre lui. Tous les deux ont été maintenus en détention.
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