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Colombie: le pape lance un appel contre la "violence" au Venezuela

AFP 10.09.2017

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Colombie: le pape lance un appel contre la "violence" au Venezuela

Le pape François lors d'une cérémonie, le 10 septembre 2017 à Carthagène, en Colombie

-Luis Acosta (AFP)

Le pape François a lancé un appel contre la "violence" politique au Venezuela et à trouver une solution à la "grave crise" qui frappe ce pays, au dernier jour dimanche de sa première visite pontificale dans la Colombie voisine.

"Je voudrais assurer que je prie pour chacun des pays latino-américains, et de manière spéciale pour le Venezuela voisin", a déclaré le souverain pontife argentin, qui termine son voyage par Carthagène des Indes.

"Je lance un appel pour que tout genre de violence soit rejeté dans la vie politique et qu'on trouve une solution à la grave crise en cours, a-t-il ajouté à la fin de la prière de l'Angelus dans l'église de San Pedro Claver, un jésuite comme lui et défenseur des esclaves dans les Caraïbes colombiennes du XVIIe siècle.

Le pape avait déjà lancé un appel pour le Venezuela le jour même de son arrivée en Colombie mercredi, et avait rencontré à Bogota des évêques et des cardinaux de ce pays plongé en plein marasme politique et économique.

En dernière étape de ce cinquième voyage en Amérique latine, il a choisi Carthagène, la perle touristique et coloniale des Caraïbes, mais aussi la ville colombienne où les inégalités sont les plus criantes, entre glamour des hôtels de luxe et bidonvilles.

- Coup de frein de la papamobile -

Son parcours dans le quartier pauvre de San Francisco a été émaillé par un incident: en raison de la foule de fidèles, la papamobile a dû freiner brusquement. François, 80 ans, s'est alors cogné contre une paroi vitrée du véhicule et légèrement blessé à une arcade sourcilière, ainsi qu'à une pommette. Il est réapparu pour l'Angelus avec un petit pansement sur le visage et une tunique propre.

Collé à la piste du moderne aéroport international, San Francisco est une illustration du fossé social qui divise Carthagène, où le taux de pauvreté est le plus élevé du pays et dont le maire ainsi que d'autres responsables sont en prison pour corruption. La Colombie est le pays le plus inégalitaire d'Amérique latine, après le Honduras, selon la Banque mondiale.

"Nous avons foi dans la visite de François à ce quartier d'oubliés (...) Le plus grave ici c'est la corruption. C'est pire que les balles de la guérilla et les paramilitaires", a déclaré à l'AFP Willy Martinez, un ouvrier de 43 ans, vêtu entièrement de blanc pour l'occasion et coiffé d'une casquette à l'effigie du pape.

Après avoir appelé à la paix et à la réconciliation à Bogota et à Villavicencio, puis incité le clergé à sortir de son confort la veille à Medellin, François "le pape des pauvres", axe son ultime journée en Colombie sur les plus nécessiteux.

"Il va nous aider à montrer au monde la vérité de ce pays, où ceux d'en haut se moquent que les plus petits sortent de la pauvreté", a déclaré à l'AFP Alirio Perez, un livreur de 62 ans, qui tire sa charrette à bras par les ruelles de San Francisco.

Dans ce quartier, le pape a aussi béni la première pierre d'un foyer édifié par une association religieuse qui tentent d'éloigner les adolescentes de la drogue et de la prostitution.

- Carthagène, entre pauvreté et paix -

En milieu d'après-midi, François célèbrera la quatrième messe en plein air de son séjour, dans le quartier portuaire de la ville, avant de repartir vers Rome.

Il terminera ainsi sa cinquième visite en Amérique latine, marquée par plusieurs appels à la réconciliation d'une Colombie sur le point de clore le chapitre sanglant d'une guerre fratricide, qui a impliqué guérillas, paramilitaires et forces de l'ordre, faisant plus de 260.000 morts, 60.000 disparus et 7,1 millions de déplacés.

Carthagène a en outre la portée symbolique d'avoir accueilli il y a un an la signature d'un accord de paix historique avec la puissante guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Rejeté ensuite par une courte majorité lors d'un référendum marqué par une abstention record, le texte renégocié a été finalement signé à Bogota en novembre dernier.

François est un des principaux promoteurs du processus de paix en Colombie, où les Farc ont déposé les armes et se sont reconverties le 1er septembre en parti politique.

Déterminé à parvenir à une "paix complète", le gouvernement du président Juan Manuel Santos est en outre parvenu à signer lundi, deux jours avant la venue du pape, le premier cessez-le-jeu bilatéral jamais conclu avec l'Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla encore active. Les fusils devraient se taire à partir du 1er octobre pour un peu plus de trois mois, renouvelable.

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