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LUNDI POLITIQUE - « Je serai candidate à la présidence de la CCOG »

France-Guyane 01.10.2018
Propos recueillis par Bernard DORDONNE

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« Je serai candidate à la présidence de la CCOG »
Sophie Charles, fraîchement élue à la tête de Saint-Laurent du Maroni, avec Hélève Perret, la doyenne des conseillers municipaux (BD)

Sophie Charles, nouveau maire de Saint-Laurent du Maroni a choisi France-Guyane pour son premier long entretien. Elle s'exprime sur ses projets et surtout son positionnement à la communauté de communes de l'Ouest guyanais.

Léon Bertrand est votre mentor en politique, vous dites haut et fort que s'il n'était pas venu vous chercher en 2001, vous ne serez pas aujourd'hui, maire de Saint-Laurent pour le remplacer, allez-vous demander une autorisation pour aller le voir en prison ? Avez-vous besoin des conseils de l'ancien maire ?
Dès que je le pourrai, je rendrai visite à mon ami Léon Bertrand, dont je partage la vision depuis trois mandatures, afin de lui apporter mon soutien dans cette épreuve que lui et ses proches traversent.
Lors de votre discours juste après votre élection, vous avez insisté sur l'unité et la cohésion de l'équipe, avez-vous des craintes et comment allez-vous gérer l'après Léon Bertrand ?
L'après Bertrand va se gérer dans la continuité des grands programmes qu'il a engagé. Par ailleurs, j'insiste sur ma volonté de travailler avec l'ensemble des élus du conseil municipal, dans l'écoute et la concertation. J'espère que tous, dans l'intérêt de la ville et de ses habitants, s'inscriront dans cette volonté d'unité, de solidarité et de continuité au service des Saint-Laurentais. Enfin, et de façon plus générale, au quotidien le vivre-ensemble et le faire-ensemble guideront mes choix pour continuer à construire aujourd'hui et ensemble le Saint-Laurent de demain.
Quelle est votre méthode pour fédérer ? En quoi votre gestion et celle de Léon Bertrand diffèrent ?
Je l'ai annoncé dans mon discours d'investiture : je souhaite travailler au service de la population et dans l'intérêt de Saint-Laurent, tout comme mes collègues. Nous allons donc nous rassembler autour du projet de territoire et des actions structurantes engagées depuis plusieurs années par Léon Bertrand afin que ces grands projets aboutissent.
J'entends associer tous les élus du conseil municipal, y compris ceux de l'opposition. La diversité des expressions nourrit les échanges et fait avancer les dossiers dans le bon sens. Charge à moi d'orchestrer le tout en y apportant ma touche personnelle. En effet, avec Léon Bertrand, nous avons des personnalités différentes, mais nous partageons la même vision.
Allez-vous assurer votre mandat de maire à plein temps et donc démissionner de vos autres responsabilités, notamment présidente de la Société d'économie mixte du Nord Ouest guyanais (Senog) et de l'Office de tourisme ?
Comme je l'ai indiqué lors du conseil municipal, devenir maire d'une ville en constante évolution, en pleine transformation et tournée vers l'avenir comme l'est Saint-Laurent requiert énormément de temps et d'énergie. Aussi, je vais démissionner de mon poste de présidente directrice générale de la Senog et quitter également la présidence de l'Office de tourisme de Saint-Laurent.
Vous êtes une ancienne institutrice et directrice d'école, l'éducation sera-elle une priorité de votre mandat ? Et allez-vous continuer à construire ou à aménager des salles de classe pour faire face à la démographie galopante ?
L'éducation est de fait une priorité depuis des années à Saint-Laurent. Et elle le restera car je suis évidemment très attachée à l'éducation des jeunes, et notamment à celle des enfants à besoin particulier. La capitale de l'Ouest est confrontée depuis plusieurs années à une forte croissance démographique qui oblige la Ville à construire l'équivalent d'une école par an ; pour cette année scolaire, il y aura à Saint-Laurent 30 écoles primaires avec près de 9 600 inscrits. Léon Bertrand - et ce sera mon cas également - a toujours eu la volonté de scolariser l'ensemble des écoliers, et ce, au plus proche de chez eux. Aussi, en parallèle de la croissance démographique de certains quartiers, nous avons construit des écoles de proximité dans des quartiers ou villages périphériques comme à Prospérité, Espérance, Terre-Rouge, Paul Isnard, aux Sables Blancs....
À Sparouine, Léon Bertrand a lancé le 3 septembre les travaux d'électrification rurale car c'est une des conditions sine qua non requises par le rectorat pour ouvrir une école. Il a également lancé l'étude pour la réalisation d'un château d'eau visant à alimenter la population en eau potable, ainsi que le déploiement de la fibre en partenariat avec la Société publique locale pour l'aménagement numérique (Splang). J'ai moi-même rencontré le recteur vendredi dernier à Sparouine afin d'étudier la faisabilité d'une maternelle de proximité.
Êtes-vous pour le projet Montagne d'or ?
Oui. Mais pas à n'importe quel prix et donc sous certaines conditions. Dans le contexte actuel de la Guyane, et notamment dans l'Ouest qui compte 75% de jeunes non diplômés, 44% des 15-24 ans au chômage et 60% des habitants qui ont moins de 25 ans, quel autre projet prêt à être déployé présente des retombées et un effet levier équivalents pour le territoire ? Aucun. Aussi le projet Montagne d'or constitue une opportunité de répondre aux besoins du territoire et il doit nous permettre de capitaliser sur la dynamique induite de développement. Mais ce développement économique ne doit pas se faire à n'importe quel prix. Ce dont il est question ici c'est de développement durable. Concilier développement économique tout en limitant au maximum l'impact sur l'environnement. Par ailleurs, la question des retombées, en matière fiscale doit être approfondie.
Et après le débat public, je souhaiterai que les avis et objections émis puissent amender le projet afin de proposer un modèle d'exploitation acceptable par la majorité et de faire de la Guyane un modèle de référence en la matière.
Concernant la communauté de communes de l'Ouest guyanais, Léon Bertrand vous a-t-il aussi demandé de poursuivre son oeuvre ? Allez vous être candidate à la présidence de la CCOG sachant que plusieurs maires du fleuve ne veulent pas de vous ?
Oui, je serai candidate à la présidence de la communauté de communes de l'Ouest guyanais (CCOG), comme me l'a demandé Léon Bertrand. Je rappelle que Saint-Laurent du Maroni est la commune la plus importante de l'inter-communalité et qu'elle participe à l'équilibre du territoire. Par ailleurs, comme l'a également demandé Léon Bertrand, les vice-présidences attribuées aux communes resteront inchangées. Je précise que si je suis élue à la tête de la CCOG, je continuerai à travailler avec l'ensemble de mes collègues élus afin de répondre aux intérêts de chaque commune au travers de l'intercommunalité.
Léon Bertrand a demandé aux élus de laisser de côté leur ambition politique et de vous faire confiance pour gérer la commune jusqu'en 2020, année des prochaines élections municipales. Avez-vous l'intention de rempiler à cette date et d'affronter le suffrage universel ?
Chaque chose en son temps. Pour ma part, les élections municipales de 2020 ne constituent pas la priorité du moment. Aujourd'hui, il s'agit de travailler ensemble pour faire avancer et aboutir les dossiers pendant les 18 mois à venir. Et ce dans l'intérêt de la population de Saint-Laurent et de l'Ouest.
Parole d'une femme « active »
« Je suis une femme engagée, qui a des convictions et qui est tournée vers l'action dans l'intérêt général. D'abord au côté des enfants et des jeunes, ensuite dans la vie associative saint-laurentaise (Comité du carnaval, Office de tourisme...) et depuis 17 ans en tant qu'élue au service des Saint-Laurentais, la citoyenne que je suis s'engage au quotidien dans la vie de sa commune.
Je suis à l'image de ces nombreuses femmes guyanaises qui occupent un rôle actif au sein de leur famille, au travail ou encore dans la vie de la cité. »
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