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LUNDI - « Notre parti veut permettre à la Guyane d'aller vers un changement statutaire »

France-Guyane 05.11.2018
Propos recueillis par Bernard DORDONNE

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« Notre parti veut permettre à la Guyane d'aller vers un changement statutaire »
Christian Faubert ets le secrétaire général adjoint de Nouvelle Force de Guyane (BD)

Christian Faubert est secrétaire général adjoint du parti Nouvelle Force de Guyane, présidé par Marie-Laure Phinéra-Horth. Également adjoint à la mairie de Cayenne, il donne sa position sur les dossiers forts du moment.

En quelle année vous êtes-vous lancé en politique ? Avez-vous un mentor ?
POLITIQUE. Je me suis lancé en politique à mon retour de l'Hexagone en 1984, en adhérant au Parti socialiste guyanais (PSG). Beaucoup de membres de ma famille étaient eux-mêmes des militants. Les lectures que j'ai pu faire des documents, en particulier la charte, donnaient le ton des objectifs du parti, foncièrement ancré en Guyane.
Je n'ai pas de mentor, mais je me réfère à des modèles de militants tel que Justin Catayée pour sa vision politique et sa proposition d'un statut spécial dans le cadre d'une autonomie de gestion, et Élie Castor pour son implication politique et sa force de travail pour faire avancer certains gros dossiers de notre pays. J'ai quitté le PSG à la suite de la scission de 2008. En 2016, je suis devenu membre fondateur de Nouvelle Force de Guyane.
Quels sont les objectifs et les engagements de Nouvelle Force de Guyane ?
Les objectifs et engagements sont inscrits dans les « Principes généraux » . Ce document a été élaboré à la création du parti et fut amendé, ratifié, adopté lors de notre premier congrès le 3 juin dernier.
Nouvelle Force de Guyane défend le principe d'une société qui donne à tous les moyens de vivre dans la dignité et de lutter contre les handicaps de la vie. Nous sommes animés par des débats politiques transparents et ouverts. Cet état d'esprit est simplement que nous, militants, souhaitons que le pays avance avec l'apport, l'appui, l'expérience, les propositions de tout un chacun. Il est utopique de penser que nous serions les seuls à avoir la ou les solutions pour régler toutes les difficultés.
Nous l'avons démontré, lors des deux séminaires que nous avons organisé les 29 juillet 2016 et 20 novembre 2016, en invitant des associations, des parlementaires et des personnes de la société civile.
Avez-vous fondé ce parti dans le but de gagner les élections municipales de 2020 ?
Nouvelle Force de Guyane n'a pas été fondé dans ce but. La genèse de cette création prend sa source à partir d'une réflexion et d'une analyse profonde sur la situation politique du pays, faisant suite aux résultats des élections de décembre 2015 pour la mise en place de l'assemblée territoriale. Seulement 45% des électeurs inscrits sont allés voter. Il n'était pas possible d'accepter cela. Nous travaillons à remotiver ceux qui ne croient plus en la chose politique, ceux qui sont déçus en faisant de manière à être dans la proximité de nos concitoyens, ce n'est pas évident ni facile, en respectant nos statuts, notre charte et nos principes généraux. C'est à dire mettre en adéquation notre comportement avec nos écrits, nos paroles et nos actes.
Nouvelle Force de Guyane est un parti politique et les élections sont des moments forts de la vie politique où il ne faut pas en être absent.
Serez-vous présent au congrès des élus du 27 novembre et quelles seront vos propositions ?
Nouvelle Force de Guyane sera présente au congrès des élus de Guyane du 27 novembre afin de participer au débat. Il y a une proposition qui nous paraît être bonne. Celle qui permettra à la Guyane d'aller vers un changement statutaire dans un nouveau cadre d'autonomie de gestion où la compétence de la gestion de tout le foncier, du sous-sol et des fonds marins serait donnée à la collectivité. Avoir accès aux ressources pour changer le mode de développement économique, pour créer de la richesse, créer de l'activité, inverser la tendance comptoir vers la tendance production, c'est ce qu'il faut à notre pays.
Que pensez-vous du projet minier Montagne d'or, et êtes-vous de ceux qui font le choix du pétrole à la place du minier ?
Nouvelle Force de Guyane a une vision du territoire, un véritable développement économique qui passe par l'accès aux ressources pour véritablement se tourner vers une économie de production endogène. Notre pays ne peut plus compter et dépendre de la commande publique. Il faut structurer les filières de production, mettre en place un écosystème économique solide qui à notre avis sera source de croissance et créatrice d'emploi. La Guyane ne peut tourner le dos à ses richesses, les ressources fossiles, le bois. Nous sommes partisans d'un modèle économique soutenable et respectueuse de l'environnement et surtout nous disons qu'il faut que l'humain soit au coeur de tout projet. Le projet minier tel qu'il est présenté, mérite d'être revu et corrigé sur deux aspects, d'une part sur la question des retombées économiques, notamment la fiscalité et l'emploi, d'autre part sur la protection de l'environnement, le quotidien de l'existence de l'humain.
La Guyane ne peut être un îlot écologique dans son bassin géographique, tous nos voisins exploitent leurs ressources naturelles en fonction de leur cadre réglementaire. Le développement économique et la protection de l'environnement ne sont pas antinomiques.
Nous pouvons et nous devons réussir cet équilibre, en mettant en place des structures de formation dans le secteur du pétrole et du minier. La combinaison de ces deux secteurs d'activité peut et doit profiter à la Guyane, être de gros gisements pourvoyeurs d'emplois.
La gouvernance du maire de la ville de Cayenne est critiquée par des élus de l'opposition, par des syndicats et par une partie de la population : avez-vous une solution pour retrouver la confiance des électeurs ?
En 2014 au moment des élections municipales, nous avons proposé aux administrés de la ville de Cayenne un programme sur la période 2014 - 2025.
Nous avons la confiance des Cayennaises et des Cayennais, que nous rencontrons régulièrement en audience, sur le terrain dans le cadre de la démocratie participative et notamment dans les conseils de quartiers ou conseils citoyens. Nous sommes à l'écoute et nous apportons des réponses aux doléances. Je citerais en exemple le marché aux légumes ouvert à la cité Mont-Lucas à la demande du collectif des habitants.
Je reconnais que tout n'est pas parfait, il y a des choses à améliorer, nous assumons et assurons pleinement nos prérogatives fondamentales.
Nous avons une opposition où certains élus brillent par leurs absences. Les rares moments où ils sont présents, ils ne respectent pas le règlement intérieur, qu'ils ont eux-mêmes voté, notamment le temps de parole.
C'est dommage qu'il y ait ce type de comportement, surtout pour la représentation au conseil municipal d'une partie de l'électorat qui leur a fait confiance. Je veux simplement donner une petite information : à ce jour nous avons eu trente-neuf séances plénières du conseil municipal et des élus émargent à trente absences et même plus, je laisse cela à votre réflexion.
Concernant les syndicats, après le climat social tendu du mois de mars dernier, le dialogue a repris et, régulièrement, dans un cadre apaisé, les rencontres se tiennent sur le suivi du protocole d'accord de fin de conflit.
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VOS COMMENTAIRES
  • Rosytta - 05.11.2018
    300 employés de trop... ce parti politico pourra sauve la Guyane, ne voyants aucun employé de la Mairie de Cay dans les rues quotidiennement. Plus employés que la Maire de Paris. A Paris, Lyon cet été, j'ai vu les employés au travail quotidiennement avec leur logo . Prenez exemple dans les commune de SLM et Montsinery. Et nos élus voyages... Moi, je suis de très près la politique mais je ne vote plus...
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