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« La Montagne d'or démultipliera la production »

France-Guyane 13.02.2017
Propos recueillis par F.-X.G et P.-Y.C

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« La Montagne d'or démultipliera la production »
Christophe Sirugue : outre la filière bois et celle notamment des énergies renouvelable : "la Guyane présente un fort potentiel de développement pour la construction de drones"/ source photo : usinenouvelle.com

Attendu ce soir en Guyane pour une visite de 48 heures, le ministre de l'Industrie Christophe Sirugue estime dans un entretien à France-Guyane que le projet de la Montagne d'or appelle de la part du gouvernement un « soutien actif » mais il ne se prononce pas sur la question de l'exploitation pétrolière dans le département.

Qu'est-ce que la visite du ministre de l'Industrie, à trois mois de la présidentielle, dans un territoire qui n'a quasiment pas d'industrie, peut apporter ?
L'industrie est au coeur du développement des territoires et il me semble pertinent de venir partager avec les acteurs économiques et institutionnels l'importance de toutes ses filières et leur impact sur l'attractivité du territoire. Je le fais d'ailleurs très régulièrement dans les régions. L'industrie Outre-mer connaît une nouvelle dynamique depuis 2013. C'est avec beaucoup d'intérêt et d'enthousiasme que je viens le constater sur le terrain. Je rappelle ici que la Guyane compte plus de 1 000 établissements industriels et que les mines, font partie intégrante de mon portefeuille, ce qui justifie pleinement ma présence ici.
Êtes-vous en campagne ou profitez-vous d'un des derniers tirs d'Ariane du quinquennat pour venir ?
Je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle, vous l'auriez su bien avant si tel était le cas. Dès mon arrivée au gouvernement, j'ai émis le souhait de me rendre dans les Outre-mer pour y mesurer le potentiel de développement des différentes filières industrielles et rencontrer les acteurs qui y contribuent. J'ai choisi la Guyane, car c'est un territoire dynamique où plusieurs secteurs sont porteurs. Je pense notamment aux filières bois, aurifère, agro-alimentaire, à la pêche, et bien sûr au spatial. La Guyane a beaucoup d'atouts et je suis très heureux de venir les découvrir. Il n'est jamais trop tard pour bien faire, venir promouvoir l'industrie et en favoriser le rayonnement régional est toujours utile. Le gouvernement sera mobilisé jusqu'au terme de son quinquennat. Nous travaillons pour l'avenir du pays et c'est essentiel.
Quelle est votre position sur l'exploitation pétrolière en Guyane ?
La présence d'hydrocarbures au large de Guyane relève aussi bien de l'intérêt national que de celui du territoire. Les décisions doivent prendre en compte tous les paramètres industriels, financiers, environnementaux, sanitaires, énergétiques.
Aujourd'hui, il n'est question que de permis de recherche qui ont vocation à déterminer les réalités potentielles des zones d'exploitation futures envisagées. L'analyse de ces études permettra de passer ou non à une phase d'exploitation, laquelle est conditionnée à d'autres autorisations. Quoi qu'il en soit, la Collectivité territoriale de Guyane sera partie prenante des décisions.
S'agissant de la Montagne d'or, le projet vous semble-t-il opportun ?
Le projet Montagne d'or fait partie des trois grands projets aurifères avec celui d'Espérance et de Dieu merci dont les dimensions stratégiques appellent de notre part un soutien actif. Non seulement la Montagne d'or démultipliera la production d'or, mais elle créera, dès sa phase de construction, 1000 emplois ; son exploitation représentera 800 emplois sur une période d'au moins treize ans. Enfin ce projet favorise, par ses effets induits, les démarches en faveur de la prévention, la réduction du travail informel et des pratiques illégales, la modernisation du secteur minier et son adaptation aux exigences des mines responsables. C'est un projet structurant pour la filière qui doit être mené de manière exemplaire en tenant compte à la fois des impératifs écologiques et économiques. Dans ce domaine, je me réjouis de l'adoption en première lecture de la proposition de loi portant adaptation du code minier au droit de l'environnement. Une proposition très suivie par les députés de Guyane et que j'ai défendue.
Ariane-6 cherche à réduire le coût des lanceurs. Cette option choisie par les gouvernements européens ne va-t-elle pas pénaliser l'emploi ?
Le choix fait par les gouvernements découle d'un constat simple : la concurrence mondiale sur les lanceurs est de plus en plus forte, et les progrès techniques font baisser les prix. Tout l'enjeu pour Ariane-6 est d'être compétitive, et pour cela, la réduction des coûts est indispensable en continuant à bénéficier de la fiabilité qui fait le succès d'Ariane-5. Ce qui aurait pénalisé l'emploi, ç'aurait été de développer un lanceur trop cher pour le marché, qui n'aurait pas rencontré le succès commercial espéré.
Outre le spatial et le BTP, quels secteurs industriels pourraient apporter de la richesse à la Guyane ?
Naturellement la filière du bois, mais également celle des énergies renouvelables et celle du numérique. La Guyane présente par ailleurs un fort potentiel de développement pour la construction de drones, ce qui participe pleinement au rayonnement de l'offre technologique française en Amérique du Sud. Toutes les filières pourront et devront être développées dans le cadre de l'Industrie du futur. Ce sera par exemple le cas pour la filière bois avec la localisation numérique des arbres à abattre. L'État accompagnera ces projets notamment via BPI France.
Quarante-huit heures en Guyane
Christophe Sirugue arrive ce soir à Cayenne. Il sera sur le plateau de Guyane 1ère pour le journal télévisé. Demain matin, il visite l'entreprise de transformation des produits de la mer Cogumer, à Matoury. Il se rend ensuite au centre spatial et assiste au lancement d'Ariane-5, dont la fenêtre de tir s'ouvre à 18h39. Mercredi, après sa participation à l'Invi-thé-café sur la radio publique, il ira à la Solam (Caresse guyanaise) à Macouria, puis sur une mine à Saint-Élie, avant de rencontrer les opérateurs miniers en fin de journée à la préfecture, et de reprendre l'avion.
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VOS COMMENTAIRES
  • alfredo - 13.02.2017
    CALENDRIER BIZARRE
    Il est étrange de voir en contrepoint de l'avis du ministre sur la Montagne d'or, l'analyse du conseiller économique et social de Guyane, préconiser au contraire un refus fermé du projet, pour un emploi subalterne, ephemere et surtout pas du tout mis en place par la Region pour les niveaux les plus qualifiés, pour une fiscalité ridicule équivalent à brader les richesses de la Guyane pour une bouchée de pain, contrairement aux profits à réaliser. Et je passe sur le volet environnemental et carrément économique de mise en place d'une filière cohérente. Pas de contrepoint dans le coeur de l'interview concernant les maigres retombées pour des risques environnementaux majeurs, et petit entrefilet donnant la parole aux personnes compétentes sur la question
  • Ubu - 14.02.2017
    20 ans de production, 800 emplois, c'est éphémère et ridicule ? Et c'est quoi votre solution alternative mis à part devenir indépendant et contester à Haïti le statut de la nation la plus pauvre au monde ? Aucune, bien entendu. Juste faire des moulinets dans le vide en ressassant "esclavage" ou "emplois verts" et toutes les autres lubies qui n'ont jamais amené que la misère et la guerre.
    Brader les ressources de la Guyane, ce n'est pas les exploiter, ce serait plutôt ne pas les exploiter ! Imaginez un peu que l'Angleterre ait décidé de ne pas exploiter son charbon au 18ème siècle, nous serions resté au moyen-age !
  • fran973 - 13.02.2017
    undefined
    Laissez l'or où il est .. la Guyane n'a pas besoin de détruire sa ressource la plus précieuse, une des dernières forêt primaire du monde) pour ce métal jaune qui rend fou
  • jess - 13.02.2017
    charlatants et pilleurs
  • Monte-Cristo - 13.02.2017
    Oups une chance que c'est pas un antillais qui vient demander un permis d'exploitation, les FnGuyanais auraient ressorti leurs mêmes conneries racistes sur ke méchant antillais
    Lais ce faire tuer exploiter à petit feu par le bon blanc adoré ils sont heureux
    Toujours aussi débiles les Guyanais
  • Ubu - 13.02.2017
    Faudrait savoir
    D'un coté, Emmanuel Macron est contre l'exploitation pétrolière en Guyane, mais de l'autre coté, le gouvernement dont il est issu et qui le soutien est pour l'exploitation pétrolière...
    J'ai l'impression que son programme finalement, c'est juste de dire à son interlocuteur ce qu'il a envie d'entendre, et surtout de ne rien faire pour ne froisser personne une fois élu !
  • Citizen - 13.02.2017
    Visite des pigeons de la Nation...
    Je me demande si, nous, Guyanais sommes les moins intelligents ou les plus bêtes ?

    Lorsque je regarde la lutte de Roro pour le pétrole, je me demande tout le temps si cet élu réfléchit... a t-il peser le pour et contre d'une exploitation pétrolière offshore en Guyane ? il parlera d'emploi ? Qu'en est il des risques ? Il y a réfléchit ?

    Question : Doit on préférer la perspective financière au détriment de la santé publique ?

    Pourquoi ne pas nous tourner directement vers les énergies renouvelables ? Serait ce un manque de vision de l'élu à la tête de la collectivité territoriale ?

    Concernant l'or, déboisement, empoisonnement du sol et des nappes phréatiques.

    Une question, il y a combien de tonnes d'or qui sortent du sol Guyanais par an ? Combien d'argent les entreprises légales reversent au communes sur lesquelles sont établies leurs exploitations ?

    Roro ferait il le jeu de ces grands en Hexagone ? quelque soit ces 2 industries, Guyanais, on est perdant !

    Si tu ne sais pas quoi faire Roro, vu que tu manques beaucoup de matiere, fais le moi savoir, je te viendrai en aide parce que là, sans te mentir, Tien long aurait mieux fait que toi.

    Un Guyanais concerné hors du territoire.
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