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Les agriculteurs appelés à manifester demain

France-Guyane 15.02.2017
Karin SCHERHAG

3RÉAGIR

Les agriculteurs appelés à manifester demain
(photo archives)

Moins de dix jours après la manifestation des agriculteurs devant le siège de l'Agence de services et de paiement, une nouvelle mobilisation est prévue demain matin. Celle-ci aura lieu devant l'hôtel de la CTG.

On prend les mêmes et on recommence ? Pas tout à fait. Le 7 février, des agriculteurs avaient bloqué le siège de l'Agence de services et de paiement (ASP) pour exprimer leur colère face au non-versement des aides européennes qui leur étaient dues. Un problème national (lire l'encadré). Demain, la mobilisation prendra un autre tour. Lancé à l'appel d'une agricultrice de Risquetout, Chloé Magnone, le mouvement se tiendra cette fois devant l'hôtel de la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) dès 10 heures. La jeune femme assume son rôle de leader. Et revendique surtout son indépendance : « Je ne représente aucun syndicat et aucun parti politique. Je suis agricultrice et cette manifestation est faite par les agriculteurs, pour les agriculteurs » , précise-telle.
« NOUS SOMMES EN TRAIN DE PERDRE NOS FERMES »
D'après elle, « les conditions dans lesquelles nous essayons de faire notre métier ne sont plus acceptables. Le Programme de développement rural de la Guyane est arrivé à mi-parcours (2014-2020) et il ne se passe toujours rien. Nous avons été sages, même très sages, mais aujourd'hui, nous devons réagir. Nos syndicats ne bougent pas. La Chambre d'agriculture ne bouge pas. Et nos élus ne nous prennent pas au sérieux. Pourtant, les agriculteurs étouffent, agonisent. Nous sommes en train de perdre nos fermes! » , lance-t-elle comme un appel à l'aide.
Dans un courrier adressé au monde agricole, Chloé Magnone égraine les raisons qui l'ont conduite à lancer ce mouvement. « Nous sommes en train de perdre tous nos acquis, indique-t-elle. Les fonds de la DJA (Dotation jeunes agriculteurs) ne sont pas débloqués au motif qu'il faut désormais être affilié à l'Amexa (la mutuelle sociale agricole) avant toute installation, ce qui est techniquement et financièrement impossible ; les aides au bornage sont suspendues depuis deux ans ; les cessions de créances sur les aides sont désormais impossibles ; la commission d'attribution foncière et le comité d'orientation stratégique et de développement agricole ne sont pas programmés ; les banques ne nous suivent pas ; sans parler des retards de paiement de la PAC (Politique agricole commune). »
Des arguments qui pourraient trouver écho auprès d'un grand nombre d'agriculteurs.
Fonds européens : un constat « alarmant »
Selon le président de la CTG Rodolphe Alexandre, « la mise en oeuvre du Programme de développement rural de la Guyane (PDRG) est rendue difficile par des retards de paiements des aides Feader 2014-2020, causés par l'ASP » Fin novembre, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a reconnu la responsabilité de l'État, indiquant qu'il s'agissait là d'une problématique nationale rencontrée dans toutes les régions de France. Un mois plus tard, Stéphane Le Moing, le PDG de l'ASP, a annoncé la mise en place d'une « instrumentalisation temporaire qui permettra d'engager et de payer dès maintenant des dossiers urgents. » Dans un communiqué rédigé par le cabinet de Rodolphe Alexandre à la suite de la manifestation des agriculteurs, le 7 février, on apprenait que « malgré les quelques avancées réalisées en fin d'année 2016 [...], le constat n'en demeure pas moins alarmant : sur 132 dossiers programmés pour un montant de 21 millions d'euros, seules neuf DJA ont pu être payées, soit 245 000 euros. »
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VOS COMMENTAIRES
  • Camel - 16.02.2017
    Bruxelles contre la Guyane
    Paris soumis à Bruxelles applique les articles 38 et 39 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE)qui contribuent à la destruction de l'agriculture familiale guyanaise et française au profit des grands groupes agroalimentaires. Sortir de l'UE c'est retrouver la volonté politique de soutenir nos agriculteurs qui en ont bien besoin !
  • Paassy - 15.02.2017
    An tan lontan, nos agriculteurs produisaient sans la moindre aide financière et vendaient leur production bien moins cher que celle des agriculteurs (et éleveurs) d’aujourd’hui, qui sont largement subventionnés sur l'acquisition du terrain, le déboisement et le matériel agricole. Ce n'est pas logique.
  • GyZ - 15.02.2017
    Les subventions sont sans importance et sans conséquences. Leurs pb viennent d'ailleurs.

    Félicitations à FG pour la photo d'illustration. Géniale !
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