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BRÉSIL - Alicia Ayliès comme modèle

France-Guyane 05.08.2017
Eugène EPAILLY

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Alicia Ayliès comme modèle
C'est le 19 août que l'élection de Miss Brésil a lieu. Isabel Correia conserve toutes ses chances de victoires. (DR)

Le 19 août, les 204 millions de Brésiliens vont devoir choisir entre 27 femmes représentant la beauté féminine de chaque État. Depuis sa création, cette élection n'a vu le couronnement que de deux jeunes filles décrites comme « noires » . La Miss Rio Isabel Correia, fanatique de notre miss France, relève le défi et ouvre les portes de son jardin secret aux lecteurs de France-Guyane.

La chambre de cette jolie et sympathique mannequin de 27 ans au teint de cannelle est un musée d'écharpes : les « faixas » . Détentrice de 22 titres de beauté, elle fut Miss Buzios, la cinquième destination touristique du Brésil. St-Tropez du Brésil, ses plages ont connu la visite de Brigitte Bardot. Elle possède, en outre, la couronne du paradis des vedettes de cinéma et des architectes brésiliens : Paraty, à 150 km de Rio. Avec la rage au ventre, cette mannequin de profession fut à quatre reprises, éjectée du podium de Miss Rio. Les titres de beauté de sa ville Bedson Roxo ne se comptent plus! Cela ne l'empêche pas de prêter une attention particulière sur les événements de l'étranger et particulièrement ceux de France.
UNE FANATIQUE DE MISS FRANCE
Au Brésil, l'élection d'Alicia Ayliès n'est pas passée inaperçue. Au pays du café et de la samba, le pinot d'Amazonie et le zouk ne sont pas inconnus. Isabel partage avec la Miss France une adolescence familiale identique. C'est sa maman qui l'accompagne dans sa vie de tous les jours. En outre, l'âge de notre représentante l'a interpellé, car, ici, « on lui disait qu'elle était trop jeune pour se présenter aux élections de Miss Rio » et les années sont ainsi passées... à attendre et à tenter. Et quand on est belle, même dans cet État du Brésil, il faut aussi briser sa tirelire pour s'inscrire. 1 000 reais, (270 euros), sont exigés. Alors quand les parents comptent centavo après centavo (centime après centime) chaque mois, c'est un pari que certains refusent de franchir. Et ce n'est pas tout!
Isabel Correia porte les couleurs de l'État de Rio lors de l'élection de Miss Brésil. Elle est aussi une des rares représentantes de la beauté noire (DR)
UNE INDUSTRIE DE LA BEAUTÉ
Au Brésil, rares sont les filles qui ne passent pas sur la table d'opération comme le font les Vénézuéliennes et les Colombiennes. On se refait les narines, le menton, les joues, le front, le ventre, les cuisses, les fesses. Les seins sont réduits ou regonflés. Quant aux dents, elles sont passées au blanchisseur, à l'abrasif et couvertes de facettes. Toute la mécanique humaine peut être revue. Il faut donc trouver des cliniques qui soient prêtes à sponsoriser les reines de beauté. Quand on se cacherait en France, ici, on se photographie et on se fait localiser sur sa page Facebook avec le nom du centre de soins qui s'affiche.
Isabel a du arpenter les rues de Rio pour trouver un parrainage. Être convaincante signifie se livrer à des séries de shootings. C'est Buzios qui semble le lieu de prédilection d'Isabel qui suit les pas de Brigitte Bardot dont un cliché mythique la présente déambulant sur la dune d'un hypothétique désert de sable blanc. Être miss Rio, c'est souvent un vaste désert sans un point d'eau, sans une oasis financière attendue.
« Regarde ma ville Bedson Roxo que je représente pour la première fois de son histoire. Le maire préfère détruire les monuments de la ville au lieu de m'aider. Ils m'ont tous dit : on t'appellera! Le téléphone reste désespérément muet. Regarde cette photo de destruction! C'est cela mon challenge de tous les jours! Je vais leur rendre l'écharpe et la couronne, je n'en peux plus! » , rapporte la candidate.
Sa mère, Adriana Dos Santos Correira, courageuse travailleuse indépendante et pilier du foyer Correira la soutient.
« Mon père ne m'a jamais appelée depuis que je suis Miss Rio » , confie-t-elle. Autrement formulé, elle se sent seule, sozinha pour mener un combat à la portée nationale pour une communauté souvent dans le doute face au pouvoir politique : les Noirs. Depuis sa création, l'élection de Miss Brésil n'a vu le couronnement que de deux jeunes filles décrites comme « noires » . Être Miss Rio Janeiro, c'est être mannequin, passer par les maquillages, les soins dentaires, les footings, la musculation, les drainages de toutes sortes puis, tomber dans « les pommes » par surmenage et épuisement. Un passage obligé si Isabel veut conquérir la gloire nationale et filer vers miss Univers aux côtés d'Alicia Ayliès, notre Miss France et Miss Guyane, devenue l'une de ses alliées de circonstance, jusqu'à la finale nationale du 19 août à Ilha Bela, au large de Sao Paulo et de ses 12 millions d'habitants.
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