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Prochaines démolitions en avril

France-Guyane 11.02.2017
Karin SCHERHAG

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Prochaines démolitions en avril
1. Scène d'exode jeudi midi. Des groupes entiers d'habitants descendent les allées escarpées de la colline après la destruction de leurs logements. Des hommes, des femmes et beaucoup d'enfants aussi. (Karin SCHERHAG)

La dernière maison située dans le périmètre des évacuations est tombée hier, peu après midi. Retour en images sur les trois jours qui ont fait trembler le mont Baduel.

2. Quelques heures après la démolition de leur maison, les anciens occupants reviennent sur les lieux pour constater, hagards, l'ampleur des dégâts. (Karin SCHERHAG)
3. D'autres sont plus pragmatiques et s'organisent pour récupérer ce qui peut l'être : tôles, bois et carrelages principalement. Dans de nombreux logements en revanche, les occupants sont partis en abandonnant leurs animaux. (Karin SCHERHAG)
4. Les services de la préfecture ont été surpris, mercredi matin, par la qualité de nombreuses constructions. Des maisons magnifiques comme celle-ci n'étaient en effet pas rares sur le mont Baduel. La plus grande détruite pendant ces trois jours comptait treize pièces et... cinq salles de bains! Un homme de 57 ans a ainsi vu « l'oeuvre de toute sa vie » partir en poussière en quelques minutes. La mine défaite, il a confié être incapable de reconstruire un jour une telle villa. (Karin SCHERHAG)
5. La toute dernière maison du périmètre, numérotée « zone 3, 211 » est tombée vendredi peu après midi. Jeudi matin, ses occupants croyaient encore pouvoir échapper à la procédure d'évacuation. Au mont Baduel, les prochaines opérations de ce genre devraient reprendre avec la livraison des 101 logements Simko, route de Raban, fin avril. (Karin SCHERHAG)
Des démolitions, des indemnisations
Pour cette deuxième phase, 93 arrêtés d'évacuation ont été pris par la préfecture de Guyane, dans les zones 1 et 3 du mont Baduel. Plusieurs logements étaient déjà vides à l'arrivée des engins de démolition, mercredi matin. Douze d'entre eux avaient même été détruits par leurs propres occupants. Sur les trois jours qu'a duré l'opération de « protection des populations » , 136 personnes (une quarantaine de familles) ont été relogées par les services de l'État. Des chambres d'hôtel, des gîtes et des logements sociaux ont été réquisitionnés. « On a relogé toutes les personnes qui le souhaitaient, affirme le directeur de cabinet du préfet, Laurent Lenoble. Les autres avaient trouvé des solutions par elles-mêmes. » Au total, depuis les premières évacuations menées fin 2015, 130 personnes ont été évacuées du mont Baduel et une centaine de logements a été démolie.
Trois familles en possession d'un titre de propriété en bonne et due forme sont en négociation avec la préfecture pour le rachat de leur maison au prix du marché. Elles resteront en outre propriétaires de leur terrain. Une procédure prévue par le fonds Barnier. Huit autres familles seront indemnisées via le fonds Letchimi. Leurs maisons ayant été construites avant 1991, c'est-à-dire avant le lancement de l'enquête publique du plan de prévention des risques (PPR), on considère que ces personnes n'étaient pas prévenues du danger qu'elles encouraient bien que leur installation ait été illégale. Le montant maximal des indemnisations s'élève à 40 000 euros par foyer.
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VOS COMMENTAIRES
  • MONSIEUR GUYANE - 13.02.2017
    À quand village catéco?
    Dans la même série on se demande quand-même, et la favela cateco ?
  • GIZMO - 11.02.2017
    Rien que ça !!
    40000 euros de dédommagement pour une construction illégale !! et avec l'argent du contribuable, donc le mien, je rêve ?!
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