LOISIRS - MUSIQUE

« Jouer avec une couleur guyanaise »

franceguyane.fr 10.10.2017
Propos recueillis par Déborah NEUSY

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« Jouer avec une couleur guyanaise »
Aymerick Létard s'est mis au piano tardivement, à l'âge de 17 ans / photo AL

Le festival Piano Pianos accueille encore plusieurs talents cette semaine à Cayenne. Au clavier, on retrouve notamment Aymerick Létard, un jeune Guyanais de 23 ans. Il joue demain soir sur le campus de l’université à Troubiran.

Comment vous êtes-vous retrouvé dans la programmation du festival ?
C’est ma rencontre avec Élisabeth Lama, l’année dernière, qui a tout déclenché. Elle m’a entendu jouer au Café de la Gare et m’a ensuite contacté sur Facebook. Elle m’a proposé de jouer dans ses soirées privées « piano green » et puis m’a encouragé à participer au festival.
Le piano a-t-il toujours fait partie de votre vie ?
Non. Je suis plutôt un percussionniste traditionnel. Je joue du tambour depuis mes trois ans. J’ai grandi dans une famille de mélomanes, entre ma maman, chanteuse et mon oncle, Henri Placide, auteur et compositeur. J’ai commencé à pianoter des mélodies traditionnelles à l’adolescence et il a vu que j’avais un potentiel. J’ai réellement commencé la musique lors de ma terminale L au lycée Léon-Gontran-Damas où j’avais pris l’option musique lourde, avec un coefficient aussi important que les cours principaux. J’ai obtenu mon bac en 2012 puis j’ai fait une licence en musicologie à l’université en Guyane. J’ai redoublé la première année car je n’avais jamais fait de solfège.
Ce que vous avez donc rectifié
Oui, j’ai pris des cours de piano jazz avec Denis Lapassion à l’Institut de formation aux disciplines musicales (IFDM) à Cayenne et c’est là que les choses sérieuses ont commencé. Son enseignement méthodique m’a beaucoup aidé. Après, j’ai voulu changer de style en suivant les cours d’Emmanuel Coulanges au conservatoire. Il m’a ouvert l’esprit en harmonie, sur la manière de claquer les accords. Puis, j’ai continué seul.
De manière autodidacte ?
Oui, mais je prenais encore quelques heures avec Denis. Après ma licence, j’ai postulé au rectorat pour être prof de musique, mais je n’ai jamais reçu de réponse. Je me suis alors lancé. J’ai tourné ici, en Guadeloupe et au Suriname. J’ai bossé comme un malade.
Est-ce possible de vivre de la musique ?
C’est un travail ingrat car je n’en vis pas, je me débrouille avec les cours privés que je donne à côté. Mais je compte me professionnaliser en allant à la Bill Evans piano academy, à Paris, l’année prochaine. Je vais essayer de démarcher auprès de la Dac (Direction des affaires culturelles) et de la Collectivité territoriame pour qu’ils me soutiennent financièrement.
Quel est votre objectif pour le concert de demain ?
Je veux jouer avec une couleur guyanaise. Nous allons, avec le percussionniste Fernando Renau Ferrer, proposer une alliance du piano et des percussions traditionnelles guyanaises et afro-cubaines.
 
 
INFOS PRATIQUES
> CONCERTS. Deux soirées musicales

Mercredi 11 à l'université, à Troubiran, à Cayenne
À 19 heures, présentation et prestation d’un élève de la masterclass ; 19h30, Aymerick Létard, Jean-Louis Danancier, ainsi que de Kelyan Horth. Entrée libre.
Jeudi 12 au Vieux Port, à Cayenne
À 20h30, présentation et prestation d’un élève de la masterclass ; 21 heures, Denis Lapassion (Guyane, jazz trio) ; 21h45, Phil Walter (Gironde, jazz trio) ; 22h30, Greg Lewis (États-Unis, jazz duo). Entrée libre.
 
 


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