LOISIRS - MUSIQUE

Le come back de Joyce

franceguyane.fr 02.10.2017
Entretien : Audrey Virassamy / photos : Kathryn Vulpillat (publié dans le Mag)

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Le come back de Joyce

Il y a dix ans, Joyce a décidé de mettre entre parenthèses sa jeune carrière musicale. Cette année, la chanteuse de 38 ans signe son retour à la scène. Samedi, elle a remporté pas moins de trois Lindor : single musique plurielle, chanson de l’année et artiste féminine de l’année !

Vous faites votre retour après dix ans d’absence. Pourquoi cette longue pause ?
En 2007, lorsque j’ai fait l’album Allianstars 2 avec Medhy Custos, tout est allé très vite. Les prestations ont commencé et je ne m’attendais pas à tout ça. Il arrivait qu’on ait trois mois à jouer tous les soirs, avec parfois quatre à cinq prestations par nuit. Il y a eu des prestations en France, au Portugal, à Saint-Martin, à la Réunion… Tout est venu d’un coup : les prestations, mais aussi les rencontres. Il y en a des bonnes mais aussi des mauvaises. Et puis tu entends des choses blessantes sur toi… J’étais très fatiguée. À ce moment-là, je me suis dit : soit tu arrêtes, soit tu restes et tu fais une dépression.
Et qu’avez-vous fait pendant ces 10 ans ?
Juste avant que ma carrière ne décolle, j’avais rencontré l’amour de ma vie. J’avais besoin de vivre cette histoire à 250 % ! C’est ce que j’ai fait. Douze ans après, nous sommes encore ensemble. J’ai apprécié cette pause. Mais celle qui en a vraiment profité, c’est ma fille. Au début de ma carrière, elle avait mal supporté mes absences. Son adolescence n’était pas facile à gérer. Ceci dit, je n’avais jamais pensé que ma pause durerait 10 ans! (rires)
Entre temps, vous n’avez jamais eu envie de reprendre le micro ?
J’ai eu pas mal de propositions. Mais je savais très exactement ce que je voulais. Je posais toujours les mêmes questions aux équipes qui venaient me voir. En fait, il me fallait une équipe qui soit un peu comme une famille. Ce que j’ai trouvé avec Rolyane, ma manager, et Warren qui est devenu mon producteur.
C’est lui vous a sollicitée ?
Non, je me suis lancée et je l’ai contacté. Je me suis dit que si je devais revenir à la musique, ce serait avec lui. Parce que j’adore ce qu’il fait. Il accepté mais m’a demandé d’attendre qu’il soit prêt. Ça a pris trois ans. Il m’a dit « quand je vais commencer avec toi, je ne vais pas te lâcher. » Ce qu’il a fait. Il est toujours venu à moi, à Saint-Laurent. On a beaucoup travaillé. Par exemple, quand je chante, j’aime monter très haut ! Warren, lui m’apprend à redescendre un peu parce que sinon, les jeunes qui vont écouter ma chanson ne pourront pas la chanter ! (rires). Mais bon, parfois, il me laisse monter un peu pour me faire plaisir !
Vous préparez un album ?
Oui, pour bientôt, mais je ne sais pas quand. J’aimerais qu’il marche, ne serait-ce que pour les personnes qui s’investissent physiquement et financièrement pour moi. Je chanterai en français, en créole guyanais, mais aussi en bushinengué tongo, en sranantongo, en hollandais.
C’est important pour vous toutes ces langues ?
Oui. C’était important pour moi de parler français. J’avais envie que les gens me comprennent. Je sais que parfois, quand je vais parler, des gens peuvent dire « mais que va dire cette Surinamienne qui ne sait même pas parler ? » Ce sont des vibrations négatives que tu reçois. Je suis blessée quand on se moque de mon accent. Mais je vais chanter en bushinengue tongo parce que ce sont mes racines.
Quels sont les artistes avec lesquels vous aimeriez collaborer ?
Fanny J ! J’aime sa simplicité. Elle ne se prend pas la tête, elle respecte les gens et je sais qu’elle ne se moquera pas de mon accent ou de quoi que ce soit d’autre. Nous nous sommes déjà rencontrées et le courant est bien passé.
Quelles ont été les plus belles rencontres de votre carrière ?
Césaria Evora, au Cap-Vert. J’étais venue pour un festival avec le groupe Évazion. Nous sommes allés boire un verre dans un bar. Elle chantait là bas. Je suis allée la voir, et on a chanté Saudade, toutes les deux sans chaussures. Elle était contente, elle m’a dit « tu viens de là-bas et du connais ma chanson ! » Et moi, j’ai pensé qu’on la connaît tellement sa chanson que Viviane Émigré en a même fait un schetch (rires). Mais biensûr, je ne lui ai pas dit ça ! J’ai aussi chanté H2O avec Patrick Saint-Éloi. Comme pour Césaria Evora, en y allant au culot. Les autres belles rencontres, ce sont les personnes avec qui j’ai pu travailler : les groupes New Star, Akwarel et Évazion, Warren et bien sûr Medhy Custos !
Si on devait vous décrire en trois mots…
Simple. Positive. Et peut-être… naïve. Parce que j’ai toujours tendance à penser de bonnes choses des personnes que je rencontre. 
Bio Express
Joyce naît au Suriname. Son père est Hollandais, sa mère Guyanaise. À 8 ans, elle gagne le deuxième prix d’un concours de chants (avec 150 participants) à Paramaribo. Lorsque ses parents se séparent, elle a douze ans. Sa mère se réinstalle à Saint-Laurent avec ses enfants. Là, Joyce intègre le groupe New Stars qui se produit dans les fêtes patronales. Un moment marquant pour elle : le concert de Patra lorsqu’elle est ado. « J’étais fan ! J’admirais sa confiance en elle et la façon dont elle maîtrisait son public. » À 17 ans, la chanteuse intègre le groupe Évazion. Une bonne école qui lui permet de beaucoup se produire. En 2004, Joyce rencontre Medhy Custos. C’est lui qui la propulse avec l’album Allianstars 2 et notemment les tubes Va t’en et Cette nuit.
 
 


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VOS COMMENTAIRES
  • mantouni - 03.10.2017
    RE bienvenue
    Joyce, je suis une de vos fan depuis Evasion, rien d'étonnant, j'aime les chanteur(se)s à voix
    qui assurent pas que dans les studios, mais en live,; bon retour Joyce ; quant à ceux qui se moqueraient de ton accent, ben pour moi cela rajoute à ta personnalité qui est unique, authentique ! j'adore bon retour et j'espère t'entendre pendant longtemps mettre du punch, de la vie dans la musique ( pas toujours le cas)
    Une vraie artiste tu es ! Merci Joyce !!!
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