LOISIRS - MUSIQUE

Le mouvement social aux Lindor

France-Guyane 27.09.2017
Pierre ROSSOVICH

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Le mouvement social aux Lindor

Le mouvement social de mars et avril a inspiré de nombreux artistes. Une cinquantaine de titres ont émergé durant la grève, notamment sur internet. Un sursaut de créativité que les Lindor - qui se tiennent samedi au Zéphyr - saluent avec la catégorie spéciale Nou Bon Ké Sa dans laquelle cinq artistes sont retenus.

DASINGA : BARAJ
Dasinga est le premier artiste à avoir apporté son soutien aux 500 Frères avec le titre 500 Frè, puis Dibout. Il est le premier à avoir abordé les blocages avec le bien nommé Baraj, un titre dancehall composé par Zahiem Beats. « On s'est tous senti concerné, explique Dasinga, qui vit dans l'Hexagone. Baraj est un appel à la solidarité. Réagir à l'actualité, c'est la base pour un artiste. Il y a trop d'ego aujourd'hui dans la musique, alors que notre rôle est d'ouvrir la conscience des gens. Cette nomination aux Lindor me fait plaisir, mais je n'attends pas spécialement de reconnaissance » .

WILLDY : 500
Willdy est nommé pour le titre 500. Une chanson en guise d'hommage aux 500 Frères, enregistrée lors de la désormais historique marche du 28 mars 2017. Le rappeur la décrit comme un « appel à l'autodéfense » : « J'ai vécu ce qui est arrivé au cousin de José Achille (ndlr : Hervé Tambour, tué en février dernier à Eau-Lisette) sauf que je suis toujours en vie pour en parler. Ça aurait pu être moi. » Bien que déjà nommé deux fois aux Lindor, Willdy reste surpris que son titre ait été retenu cette année : « 500 est un morceau que j'ai voulu politiquement incorrect. C'est mon côté impulsif qui a parlé » .

MISTASHAB : GWIYANÈ
Dans le titre dancehall Gwiyanè, Mistashab revient sur la génèse du mouvement social. « Je l'ai écrit et enregistré le jour du 28 mars, explique-t-il. Les paroles et la mélodie me sont venues toutes seules. J'ai simplement déversé mon ras-le-bol. » Pour Mistashab, il n'y a pas de compétition avec les autres artistes : « Je pense que tous les artistes qui ont chanté sur le mouvement l'ont fait pour apporter leur soutien. Chacune de ces chansons est importante. Comme disait le rappeur français Médine : « Pas de révolution sans sa bande-son » . »

MAXXY DREADY : NOU BON KÉ SA
Les Guyanais installés dans l'Hexagone se sont également mobilisés durant le mouvement, à l'image de Maxxy Dready qui a proposé le titre Nou bon ké sa, produit par Albrey Beats. « J'ai senti la division qui naissait et j'ai voulu faire cet appel à l'unité. J'ai écrit le texte en 20 minutes. Je suis de la génération qui a connu 96, comme les leaders des 500 Frères. C'est là qu'a débuté le mouvement pour nous. » Maxxy Dready prépare actuellement la réédition de son album Soholang boy pour lequel il avait emporté le Lindor de l'album musique urbaine de l'année en 2016. Un nouvel album, intitulé Bushinengue, est prévu pour 2018.

DGILS : LA GWIYANN LÉVÉ
La Gwiyann lévé de Dgils est un des titres qui a marqué la mobilisation de mars-avril. « J'ai eu un déclic lors de la marche du 28 mars » , raconte le chanteur membre du Doubout Collectif. Alors qu'il se rend quotidiennement sur les barrages, son ami Hendry Moreira Suzuki, de G & US production, lui envoie une composition : un « néo-kasé kò » fusionnant différentes percussions guyanaises. « J'ai tilté direct, la mélodie m'est venue tout de suite » . Dans La Gwiyann lévé, le chanteur rend un hommage à Tonton Jo et son fameux « ago » . Dgils sortira prochainement un nouveau single, intitulé Bats toi.

Lindor Musique Guyane 2017, samedi à 20h30 au Zéphyr. Prévente : 25 euros (Phoenicia/Sun Studio). Sur place : 30 euros - Infoline : 0694 42 95 92.
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