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POMPIS : "Aujourd'hui le dancehall guyanais est vraiment reconnu"

franceguyane.fr 03.07.2017
Pierre Rossovich / Ramon Ngwete

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POMPIS : "Aujourd'hui le dancehall guyanais est vraiment reconnu"

À l'occasion de son passage en Guyane pour la fête de la musique, Pompis a discuté avec France-Guyane de la place du dancehall guyanais, de son lien avec le péyi et de son actualité ! #Hadjime !


 
- Relisez ci-dessous notre interview de Pompis parue dans le TV Magazine du 24 juin 2017 :

Cette année vous-êtes le parrain de la fête de la musique de Cayenne. Qu’est ce que cela représente pour vous ?
Ce n’est pas rien ! L’équipe de la maire de Cayenne m’a contacté et j’ai évidemment accepté. Cela représente beaucoup pour moi, car c’est la Guyane qui m’a donné ma chance musicalement. Cela montre le chemin parcouru. Quelque part, cela me permet de rendre à la Guyane ce qu’elle m’a donné. Je me suis enrichi ici en côtoyant diverses cultures et personnes. J’y ai beaucoup appris.
Vous avez un lien fort avec la Guyane…
Oui, bien que je sois né dans l’Hexagone, je me décris comme un antillo-guyanais. Mon père est Guadeloupéen et ma mère est métisse africaine. J’ai vécu en Guyane et en Martinique. Jeune, je passais toutes les vacances scolaires en Guyane, chez ma tante. C’est donc en Guyane que j’ai vécue toutes mes premières expériences, toutes les conneries qu’on fait quand on est jeune (rires). Je suis ensuite revenu pour les études, à l’I. U. T de Kourou. C’est à ce moment que tout a commencé musicalement.
Jusqu’où êtes-vous allé dans vos études ?
J’ai un master en génie électrique et mécanique des fluides, que je n’utilise plus aujourd’hui ! Mais faire des études m’a construit personnellement et m’a permis d’avoir une façon de raisonner qui m’aide dans la vie en général.
Avec Jahyanai, vous-avez été un des premiers a exporter le dancehall guyanais hors du département.
C’est vrai qu’on a été les deux premiers a commencé ce travail dans la musique urbaine, il y a quelques années. Aujourd’hui, ça fait plaisir de voir que le dancehall guyanais est sur le devant de la scène aux Antilles et en métropole. Le dancehall guyanais est réputé pour sa qualité.
Vous êtes reconnaissable par votre plume. Selon vous, qu’est ce qui explique votre facilité dans l’écriture ?
Peut être un peu les études. J’aime bien utiliser des métaphores, surferavec la limite du correct et ne pas tomber dans le vulgaire. Si j’ai quelque chose de chaud à dire, je fais en sorte d’utiliser une image pour que ça reste tout public. Je m’amuse.
Votre titre « M. le gouvernement » est sorti peu de temps avant le mouvement social guyanais d’avril. L’aviez-vous anticipé ?
Ce n’était pas calculé. J’avais ça sur le coeur depuis un moment. Il y a une fracture entre la politique et le peuple. Plus ça va, plus on nous demande de nous serrer la ceinture. Si les dirigeants faisaient plus d’efforts et montraient l’exemple, le peuple serait plus souple. C’est mon sentiment. Je l’ai mis en musique, comme une lettre.
En tant que Guyanais d’adoption, qu’avez-vous pensé de la mobilisation ?
C’était très intéressant. On s’est unis pour faire avancer les choses. On a peut-être pas eu tout ce que l’on demandait, mais le mouvement reste historique. Il y en aura peutêtre d’autres d’ailleurs, car la France prend beaucoup à la Guyane par rapport à ce qu’elle reverse. On verra avec le nouveau gouvernement ce que ça va donner.
Votre dernier titre « Negan », est un rap dans l’air du temps. C’est sûrement votre morceau le plus offensif, non ?
C’est volontaire. C’est une sonnette d’alarme pour ouvrir les oreilles du public. Certains artistes font du très bon travail et ne sont pas mis en avant. D’autres étaient là avant nous et ont posé les bases. Respectons la qualité de notre musique.
La musique est-elle aujourd’hui devenue votre métier ?
Je tends à me diversifier car je sais que la musique ne dure pas toute la vie. Mais oui, la musique est mon activité principale. Avec le web, on assiste à une explosion du nombre de chanteurs. Pourtant, dans la musique urbaine, très peu en vivent… Tout le monde ne peut pas réussir. On peut être très talentueux, mais si on n’est pas entouré cela ne donnera rien… Il faut être capable d’entendre la critique et prendre une bonne direction. Mon quotidien est fait de séances studios et de prestations. Ce sont elles qui me font vire. La sacem aussi qui arrondit les fins de mois. C’est un vrai travail, il faut être tout le temps dans la tête des gens et se mettre à jour. Le public grandit constamment et il faut rester à la page.
Vous êtes actuellement en préparation d’un second album ?
Oui, on n’a pas encore de date mais on est en studio pour avoir le maximum de contenus. Il y a aura du dancehall, du reggae, du rap… Beaucoup de créole mais aussi pas mal de français, pour s’ouvrir à la métropole.
Il y a désormais un marché à conquérir ?
Clairement. Le confrère Kalash a ouvert des portes. Il est le premier à avoir eu un disque d’or en restant dans notre genre musical, sans se déraciner. Il faut aujourd’hui profiter de cette visibilité obtenue afin de ne pas laisser les portes se refermer. Cela donnera plus de poids à notre communauté. Quel sera votre prochain titre ? Mon prochain single s’appelle « Pépito », un titre en créole spécialement calibré pour les vacances !

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VOS COMMENTAIRES
  • alfredo - 23.08.2017
    Dance hall guyanais?
    Appréciant particulièrement les artistes cités- Pompis et Jaynnah- ce n’est pas une polémique, mais le Dance-hall guyanais n’existe pas plus que le Gospel guyanais ou le Fandango guyanais. Des artistes s’expriment dans ce genre, et d’ailleurs observons des glissements de plus en plus marqués dans le RAP qui objectivement a mieux évolué que le Dancehall depuis 10ans. Maintenant il reste vrai que sur un évènement ces artistes sont de vrais têtes d’affiches sans faire appel à des stars du zouk ou du compas comme il y a à peine 10 ans. Bravo donc mais ce n’est pas avec du dancehall ou du reggae « guyanais »que la Guyane sortira une star mondiale comme Marley ou même le créateur de « reggae night » qui a percé dans la soul et qui sans le reggae de son pays serait resté bon mais anonyme aux USA et dans le monde.
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