LOISIRS - MUSIQUE

Tina Ly : « Je vois plus le verre à moitié plein que le verre à moitié vide »

franceguyane.fr 07.05.2018
Propos recueillis par Pierre-Yves Carlier / Photos : Kathryn Vulpillat (Le Mag n°35)

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Tina Ly : « Je vois plus le verre à moitié plein que le verre à moitié vide »
Tina Ly, le 13 avril dernier aux Amandiers à Cayenne. -(photos : KV)

Tina Ly était en Guyane du 11 au 15 avril. La chanteuse est venue présenter son dernier single, Truc de fou, et profiter de ce qu’elle aime dans le département : ses amis et la nourriture. Entre un calalou et le bouillon d’awara, elle a pris le temps de s’entretenir sur son actualité, cette dernière chanson et ses envies en matière artistique.

Pendant votre retour en Guyane, avez-vous mangé votre bouillon d’awara ?
Le samedi. J’ai gardé le meilleur pour la fin. Il est préparé pour une de mes meilleures amies d’enfance, Carine. C’est un peu mon binôme.
Quels autres bons petits plats avez-vous mangés ?
Je suis arrivée le mercredi soir. J’ai eu droit à un calalou avec le poulet boucané. Le jeudi soir, mon bami avec les brochettes de bœuf sauce saté et sauce cacahuète. Ça n’arrêtait pas.
Qu’avez-vous fait pendant ces quatre jours ?
Dès la sortie de l’avion, j’ai enchaîné direct avec Guyane La 1ère à la radio. Sango et Kelly m’ont accueillie. C’était l’euphorie dans les studios. Dès le lendemain matin, j’ai démarré avec Kilian sur Radio Péyi avec des gâteaux au chocolat. Le JT d’ATV...
Cinq jours pour faire la promotion du nouveau titre Truc de fou...
J’avais un planning assez chargé. Comme à chaque sortie, je tenais à démarrer la promo en Guyane, même si j’ai déjà fait quelques trucs à Paris, là où je vis. Je tiens à venir d’abord chez moi.
Mais pas de scène...
C’est ça. Je suis vraiment venue pour le titre. Je n’ai pas attendu une scène. Ensuite, à Paris, pas mal de choses m’attendaient, dont la Foire de Paris. Puis Miami, la Martinique, pour des concerts, de la promotion. Avant de revenir peut-être en Guyane pour une scène.
Quand ?
C’est toujours en discussion. Bien sûr, j’essaierai fortement de venir en Guyane pendant les grandes vacances. Je viens aussi pour voir mes amis, ma famille et... manger. Ce que j’adore quand je suis là, c’est retrouver ma bande d’amis géniaux. Ce sont de petites soirées entre nous. On ne se prend pas la tête. Un soir, (le guitariste) Sy’mon (de Almeida) est venu avec sa guitare. C’était complètement improvisé. On s’est fait un petit concert vite fait que j’ai partagé avec les fans sur les réseaux sociaux. Je n’ai pas besoin du grand tralala. J’aime bien ce petit côté posé, entre amis. Ce sont les moments les plus authentiques.
Vous n’avez pas sorti de titre pendant trois ans. Qu’avez-vous fait pendant ce temps ?
Beaucoup de choses. Pendant ces trois ans, j’ai aussi sorti mon rouge à lèvre : Tiny Cherry. J’ai participé au court-métrage Le Goût du calou réalisé par Marvin Yamb. C’était une superbe expérience. J’ai toujours voulu toucher à l’acting. Je suis une artiste multifacettes. Je suis chanteuse. Mon premier rêve était d’être danseuse. J’ai été animatrice avec une petite pastille de mode sur Youtube. J’ai été co-animatrice du Trace Music Star. Ça a été une super belle expérience. J’ai fait les Cours Florent. Au début, on a peur de se disperser. Mais j’ai cette familiarité avec la caméra grâce aux clips.

Allez-vous courir les castings ?
Pourquoi pas ? J’ai bien aimé ce petit rôle.
Dans quoi aimeriez-vous jouer ?
Il faut voir les scénarios, mais j’aime bien quelque chose qui n’a rien à voir avec mon métier de chanteuse. Je suis une fonceuse, très indépendante, déterminée. Même une comédie ou un film dramatique, ça ne me déplairait pas.
Le quatrième album, y pensez-vous ?
Je ne suis pas du tout sur un album. Couleur du monde date de 2008 et a plutôt bien fonctionné. Je suis plus dans l’optique de sortir single sur single. Le marché de la musique n’est plus le même avec le streaming. Je préfère sortir des singles, quitte à faire un best of avec des inédits. J’ai déjà pas mal de titres. Je fête mes 18 ans de carrière.
C’est bien de sortir un album, mais c’est comme balancer dix singles d’un coup sur les réseaux sociaux.
Vit-on encore de la musique aujourd’hui ?
J’ai toujours eu quelque chose à côté. J’ai mon autre métier dans la comptabilité. C’est moins sexy que chanteuse. J’arrive bien à allier les deux pour le moment. Il y a des périodes où ça se passe très bien, d’autres où il y a des creux. J’aime bien avoir ma stabilité et vivre ma musique pleinement, avec passion. Il y a des contraintes, mais j’arrive à faire avec.
Truc de fou est-elle une chanson autobiographique ?
Quand j’ai contacté l’auteur, Kamnouze, je lui ai dit que j’avais envie de changement, envie d’une nouvelle musicalité. On a pas mal parlé et quand il m’a proposé le titre, j’ai tout de suite adhéré. C’est plein de positivité. C’est mon état d’esprit. Il m’a bien cernée. Dans tous les textes de mes chansons, je pars d’une histoire un peu triste, mais il y a un message positif. Je vois plus le verre à moitié plein que le verre à moitié vide. La vie nous prouve toujours qu’il y a quelque chose de bien à attendre. Le message, c’est d’arrêter de se prendre la tête, de se brider à cause du regard de l’autre. Chacun son choix de vie. Si tu veux être aimé par les autres, aime-toi toi-même.
Y avait-il du blues dans votre vie à ce moment-là ?
Pas du tout ! Depuis toute jeune, je me suis toujours beaucoup remise en question. Le monde d’aujourd’hui manque d’amour, de bienveillance. J’espère que ça va aider les gens à avoir plus de positivité dans leur vie.
Racontez-nous la scène de la coupe de cheveux...
J’ai toujours eu cette longue chevelure bouclée, que je kiffais. Et voilà... on passe toutes par là. Chez une femme, couper ses cheveux, c’est symbolique. J’avais envie de ce changement, d’essayer autre chose. Au début, c’était un peu compliqué, mais il faut y aller step by step, comme dans la vie. Je me sens super bien maintenant avec cette coupe de cheveux.
Êtes-vous lectrice de Paulo Coelho comme dans le clip ?
Oui. J’aime aussi Gounelle. J’aime ce genre de bouquins. Les gens ont besoin de positivité. Des livres qui nous permettent de voir les choses différement. C’est une façon de lâcher prise et de ne plus se prendre la tête sur des futilités.
Le chien est-il le vôtre ?
C’est celui de mon papa. C’est la star du clip.
La danse a aussi une part très importante...
Je suis contente. J’ai apprécié travailler avec le réalisateur. J’ai eu cette idée où je me voyais dans la rue en totale lâcher-prise. Le réalisateur a vraiment un œil artistique sur la femme. Quand il a livré le clip, je n’ai pas demandé une seule retouche.

Où est-ce tourné ?
À Strasbourg. On me voit déambuler dans les rues en body et petit short. Il faisait 0 degré ; il était 2 heures du matin. Je n’avais pas froid alors que les autres étaient en mode camouflage.
D’autres singles sont-ils en préparation ?
Je rentre de Miami et Los Angeles où j’ai tourné un duo avec le groupe Gabel : Happy for you, un compas love.

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