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HUMOUR - Fary is the new black au Progt

franceguyane.fr 17.07.2017
Propos recueillis par Angélique Gros

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Fary is the new black au Progt

Fary, l'humoriste de 25 ans qu'on ne présente plus sera au Progt ce 18 juillet pour présenter son spectacle Fary is the new black. Après l'avoir présenté à guichet fermé pendant deux ans au théâtre du Point virgule à Paris, la Guyane marque un tournant pour ce spetacle dont la tournée se terminera en septembre à Londres.

Il s’agit de votre première représentation en Guyane, connaissiez-vous la Guyane auparavant ?
Je ne suis jamais venu en Guyane, j’en ai entendu parler un petit peu avec les musiques qui viennent de chez vous. J’ai entendu quelques sons de dancehall comme Run di place (Bamby feat Jahyanai King, ndlr).
Qu’est ce que l’actualité guyanaise vous inspire, notamment les blocages de mars et avril dernier qui vous ont obligé à reporter votre spectacle ?
C’était une période pendant laquelle j’étais en déplacement, en tournée, donc on suivait un petit peu de loin. Mais on est quand même resté attentifs puisque il y avait la possibilité que ça ai une influence sur les élections.
Le nom de votre spectacle : Fary is the new black, vient d' Orange is the new black, qu’est ce que ça veut dire ?
Orange is the new black c’est une manière de dire que l'orange c’est la nouvelle tendance. Étant donné que je suis pas mal porté sur l’esthétisme et le look, ça veut dire que la nouvelle tendance est le nouveau noir. En France, il y a un peu une stigmatisation des enfants issus de l’immigration, on met souvent en avant les mecs de banlieues qui se font remarquer parce qu’ils sont dans ce rôle de mecs de cité ou de cette jeunesse qui ne travaille pas, qui n’est pas contente d’être en France et qui n’aime pas son pays. Donc, en gros l’idée c’est de dire que la vraie tendance d’aujourd’hui c’est plutôt des mecs comme moi qui sont très ouverts qui aime leur pays, qui sont au fait de l’actualité et qui réfléchissent. Qui sont hybrides, qui ont pris le meilleur de leur deux cultures.
Êtes-vous un fan de la série ?
Non, je ne suis pas particulièrement fan de la série. Orange is the new black c’est une expression avant d’être une série.
On vous appelle souvent le dandy de l’humour français le mot sape ça vous évoque quoi ?
Moi c’est surtout un rapport intime que j’ai avec ça plus que de suivre la mode, les défilés ou la fashion week. C’est vraiment un rapport presque identitaire que j’ai avec moi même. La sape c’est une manière pour moi de m’exprimer et de me différencier en fait. C’est un peu superficiel de dire ça mais ça fait partie intégrante de qui je suis.
GQ vous a élu humoriste de l’année. Déçu de ne pas avoir été élu homme le plus stylé ?
(Rires) J’ai surtout été déçu quand j’ai su que c’était Nekfeu qui l’a été à ma place !
On a pu vous voir dans les émissions de Laurent Ruquier, On ne demande qu’à en rire, vous préférez la scène ou la télévision ?
C’est vraiment pas le même métier. Pour moi mon métier c’est de faire de la scène. La télévision, c’est autre chose, c’est vraiment ponctuel, presque anecdotique. Quand je joue sur scène et que je fais un sketch, c’est un sketch que j’ai joué des centaines de fois et chaque silence, chaque mot j’en connaît l’effet sur le public. A la télé c’est différent je découvre en live ce que les idées que j’ai écrites vont provoquer dans l’inconscient des gens. Après, il se peut que je retourne sur le plateau de Laurent Ruquier encore une fois mais je n’ai pas envie de repasser par le petit écran.
Vous avez intégré le Comedy club, est ce que vous en gardez un souvenir en particulier ?
Ça a été un passage important dans la symbolique, une manière de se rassurer et de se confirmer comme étant un humouriste. Notre génération a vraiment été marquée par le Comedy club. Ça représente les premières fois : avec Jamel, en tournée, où j’ai joué le legging, un sketch qui a bien fonctionné.
Vous avez été un grand fan de Jamel Debbouze et Eli Kakou entre autre, sinon vous pensez quoi des humoristes guyano-antillais ? Vous aimez ?
Non, je ne connais pas du tout.
Vous vous intéressez beaucoup à l’actualité dans votre humour qui sont vos chroniqueurs préférés ?
J’aime beaucoup Nicolas Bedos, c’est lui qui m’a entre autre donné l'envie de faire l’émission avec Laurent Ruquier. J’aime aussi beaucoup Pierre-Emmanuel Barré, il me fait bien rire.
Lors de vos interviews vous évoquez souvent une limite à l’humour et vous avez d’ailleurs retiré le mot bougnoule de vos spectacles. C’est quoi la limite alors, la quenelle de Dieudonné ?
La seule limite que je me fixe c’est : est-ce que si je rigole d’un sujet ou d’une catégorie de personnes et que des gens sont touchés ne trouvent pas ça drôle. Ou si je fais rire d’autres gens au détriment de ces gens là : c’est une limite à ne pas dépasser. Si l’humour scinde plus les gens qu’il les réunit moi j’ai raté ce que je voulais faire. Après la quenelle je sais pas. C’est pas à moi de le dire je ne suis pas touché par ça.
Vous avez aussi joué dans le film de Philippe Appietto, Océane, comment s’est déroulé le tournage ?
C’était une expérience magique. C’est incroyable de se retrouver sur un tournage de cinéma où d’un coup faire semblant devient important.
Vous projetez-vous dans une carrière dans le cinéma ?
Si un jour j’ai l’opportunité d’avoir un rôle dans un film qui m’intéresse, oui. Mais ce n'est pas du tout un objectif à court terme. Un film qui m’intéresse ce serait un film que j’irais voir au cinéma mais je ne pense par exemple que j’aimerais faire des comédies.
Vous avez dit que votre prénom Fary venait du mot rastafari, c’est quoi l’histoire autour de votre prénom ?
Mon père était rasta pendant très longtemps et du coup il a donné cette idée à ma mère. À la base d’ailleurs ça devait être Faray.
Vous êtes produit par Jean-Marc Dumontet, qui produit notamment Nicolas Canteloup, comment se déroule votre collaboration ?
Jean-Marc Dumontet m’a donné ma chance. C’est un producteur qui a des goûts artistiques assez acérés. Il m’a signé après avoir vu cinq minutes de ce que je fais sur scène. Il les a vu plusieurs fois mais après c’est après ces cinq minutes qu’il a décidé de me signer. En fait il a cet oeil pour se dire que ce qu’il a vu a fonctionné et a une identité particulière.
Quel est votre programme après la Guyane ?
Je n’ai plus de date pour Fary is the new black à Paris et après cette tournée là j’arrête de jouer ce spectacle. La dernière date sera en septembre quand je vais faire le DVD à Londres. Là on est déjà en train de travailler sur le prochain spectacle. Pour l’instant même moi je ne sais pas à quoi il va ressembler. 
Infos pratiques
Spectacle Fary in the new black le 18 juillet à la Progt, à 20h30. Entrée : 40 euros. En prévente chez M.Handsome, Sun Studio et Courbès & co.  
 
Bio express
Fary Lopes vient du Val-de-Marne. C’est à 11 ans qu'il découvre la scène et commence à écrire ses premiers sketchs. Sa professeur d'histoire-géographie le pousse à se produire sur cette scène et lui écrit même les textes de son premier one-man-show. Ce spectacle va lui permettre d’acquérir une certaine notoriété qui le conduit, en 2010, à participer à l’émission de Laurent Ruquier, diffusé sur France 2, On ne demande qu’à en rire. Par la suite, il suit les Cours Florent, mais n’y reste pas très longtemps. En 2012, il intègre le temple du stand-up, le Comedy Club, dirigé par Jamel Debbouze.En 2013 il participe au Festival Grand Rire au Québec et en janvier 2014, Jean-Marc Dumontet lui propose d’intégrer son équipe. Fary présente alors son premier one man show au Point Virgule.
 
 

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