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LITTÉRATURE - Plongée dans la Guyane de 1885

France-Guyane 12.01.2018
Gérôme GUITTEAU

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Plongée dans la Guyane de 1885
Un orpailleur du temps d'Atipa lors de la ruée vers l'or qui toucha la Guyane dès les années 1850 (DR)

Lydie Choucoutou Ho-Fong-Choy et Monique Dorcy publient Alfred Parépou, gnapoint peye qui ça lévé sans chimin. Un livre qui explore les secrets de la fabrication d'Atipa, roman guyanais, premier ouvrage créolophone de 1885.

Quiconque a vécu en Guyane en 2017 a entendu parler d'Atipa, roman guyanais. La Collectivité territoriale a eu la bonne idée de mettre en avant cet ouvrage unique, l'an dernier. En fin d'année, Lydie Choucoutou Ho-Fong-Choy, professeur d'histoire et Monique Dorcy, ancienne documentaliste ont profité de cette mise en lumière pour sortir le deuxième numéro de leur collection Orénoque, aux éditions du Manguier : Alfred Parépou, gnapoint peye qui ça lévé sans chimin (Il n'y a pas de pays qui se lève sans chemin). Le livre propose en 40 pages d'aller à la rencontre de cette Guyane qui paraît si loin alors que le regard que porte cet orpailleur gouailleur, Atipa frappe par sa contemporanéité. Il s'agit « d'un récit ethnographique qui fait l'inventaire de la culture populaire guyanaise ; de la langue créole à la littérature orale, de la musique et chants au tambour à la phytothérapie créole, de la gastronomie aux croyances magico-religieuses, la créolité guyanaise s'affiche dans ses fondements. Ce texte, sans l'avoir prophétisé, donne à voir comment la culture aide à construire l'Homme » , affirment Lydie Choucoutou Ho-Fong-Choy et Monique Dorcy.
DOCUMENTS OUBLIÉS
Ce dernier point est au coeur de l'existence de la collection Orénoque, dont le premier numéro concerne Léon Gontran Damas. Les deux auteures veulent s'adresser à la jeunesse guyanaise, plus particulièrement aux lycéens et aux étudiants. Nous nous devons d'offrir aux jeunes un accès à leur patrimoine culturel. Il faut lui mettre entre les mains des outils pour se réaproprier sa culture.
Atipa est un monument de la culture guyanaise. Il est important pour nous pas pour le reste du monde » , estime la professeure d'histoire.
L'ouvrage concocté par les deux femmes et Didier Icaré, pour la mise en page, est une belle réussite qui remet en lumière des documents oubliés. Il constitue plus qu'une parfaite introduction à Atipa, une nouvelle lecture de cette oeuvre fondatrice de la littérature guyanaise, celle qui cessa de copier les élans bourgeois outre-Atlantique pour révéler l'être guyanais.
Alfred Parépou, gnapoint peye qui ça lévé sans chimin de Lydie Choucoutou Ho-Fong-Choy et Monique Dorcy, Les éditions du Manguier, collection Orénoque, 40 pages, 12 euros.
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