RéGIONS - AMAZONIE ET CARAïBES

HAÏTI - « Ce n'est pas la population qui est dans la rue »

France-Guyane 11.07.2018
M. C. / A. G.

3RÉAGIR

« Ce n'est pas la population qui est dans la rue »

Après quatre jours de violence dans la capitale Port-au-Prince, la communauté haïtienne guyanaise est inquiète et en colère.

Suite à l'annonce le 6 juillet d'une hausse record des carburants, l'ensemble de la région de Port-au-Prince s'est embrasée. Violence et pillages se poursuivaient encore hier dans un climat jugé alarmant par de nombreux pays, dont la France. En Guyane, la communauté haïtienne est préoccupée par cette grève, la première depuis la prise de fonction du président Jovenel Moïse, en février 2017. Le premier réflexe a été de s'assurer que tous leurs proches sont en sécurité. « J'ai eu des nouvelles de ma famille, ils vont bien, mais ils m'ont dit que ça ne va du tout là-bas » , explique Marie-Carmel Louis, conseillère pour l'Association pour l'insertion, le développement et l'éducation. Elle ne veux pas être pessimiste, « Haïti est un pays comme tous les autres : il y a des écoles, des commerces, mais des choses doivent changer et ce n'est pas la bonne voie pour le changement » . Pour André Yves Rameau, président de l'association Konbit c'est justement à cause du virage politique pris par Jovenel Moïse que la situation a éclaté. « Ce n'est pas la population qui est dans la rue. Le secteur démocratique a pillé le pays pendant 20 ans et ils savent qu'ils sont finis dans la politique s'ils laissent Moïse entreprendre ses réformes. »
- André Yves Rameau tient une émission politique sur Radio Mosaïque tous les mercredi et dimanche de 20 h 30 à 22 heures.
Conseils aux voyageurs
France diplomatie, le site web du ministère des affaires étrangères, recommande aux voyageurs de suspendre tout projet de voyage en Haïti et, pour les personnes déjà sur place, de ne pas se déplacer et de rester confinées. Les vols au départ de Cayenne et à destination de Port-au-Prince sont cependant maintenus comme prévus aujourd'hui, jeudi et vendredi « sauf si la situation venait a évoluer à Port-au-Prince » précise Antoinette Zullo, responsable régionale d'Air France.
3 QUESTIONS À ... Mécène Fortuné Fondateur des Mécènes, vice président délégué à l'action sociale et solidaire : « Une hausse du carburant de 38%, c'est l'équivalent d'une journée de travail »
Pourquoi la situation a pris autant d'ampleur en Haïti ?
Une hausse du carburant de 38%, c'est l'équivalent d'une journée de travail pour un citoyen lambda, c'est intolérable! Ça veut dire qu'il faut travailler une journée entière pour être en capacité d'acheter du carburant... En dépit de ses efforts, le président Jovenel Moise a hérité d'une situation qui caractérise le pouvoir en Haïti. Selon moi, ce pouvoir est détenu par une oligarchie qui tient l'économie du pays et qui détient le pouvoir à travers les hommes d'État, et ça depuis une période qui court de 1971 à 1986.
Comment vivez-vous cette situation ?
Je ne peux pas rester insensible à ce qui se passe. La Guyane aussi souffre de la misère haïtienne, nous recevons un nombre pléthorique d'immigrés sous la couverture de demande d'asile et cette situation est difficile à gérer. En tant qu'élu de la CTG, même si cette partie ne relève pas de notre compétence, mais du domaine de l'État, je peux apporter un point de vue sur le type de coopération que la France peut mettre en place avec Haïti. La Guyane est grande en terme de superficie, mais son économie n'est pas en mesure d'absorber ce type'immigration. Actuellement on ne peut que se focaliser sur la réussite de la politique de Jovenel Moïse, avec lequel nous pouvons avoir des discussions constructives.
La misère d'Haïti est souvent mise en avant dans les médias, comment expliquez-vous cela ?
C'est du sensationnel, les médias ont besoins de vendre, ils ne vont pas vendre le touristique de l'île si ça ne leur rapporte pas.
Propos recueillis par Marlène CLÉOMA
3
VOS COMMENTAIRES
  • joko973 - 11.07.2018
    Si ça va si bien dans ce pays, on se demande pourquoi tant d'Haïtiens continuent à demander l'asile ici. Si c'est réellement le cas, il va falloir penser à organiser les retours au pays, en commençant par les délinquants et criminels...
  • xxl - 11.07.2018
    @SKOL973
    J'aime beaucoup les haïtiens, il y a une chose, ils sont trop croyants, Ils n'ont pas compris une phrase dans la bible qui dit, AIDE TOI ET LE CIEL T'AIDERA, c'est en haïti que les haïtiens devraient se battre et non pas chez les autres qui les exploitent.
  • skol973 - 11.07.2018
    Ce serait bien que les patriotes haïtiens qui ont réussi en Guyane ou ailleurs, aillent apporter leur savoir à ce pays où ils ont vu le jour.
1

Réagissez à cet article

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2 mn) :

CONNEXION